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Pour pallier la fermeture des remontées mécaniques, Courchevel ouvre une piste accessible en voiture

Si cette initiative fait le bonheur des amateurs de glisse, d'autres s'inquiètent de la "symbolique désastreuse" de cette activité sur le plan écologique.

Les skieurs ont à peine descendu la piste qu'ils regagnent déjà son sommet. Pour pallier la fermeture des remontées mécaniques, la station de Courchevel en Savoie a décidé d'ouvrir la piste bleue de Bellecôte, accessible en voiture. Un ballet incessant de véhicules monte et descend le long de la piste pour acheminer les godilleurs.

Le but? "Faire plaisir à nos vacanciers", explique Alexia Lainé, directrice marketing de Courchevel Tourisme, interrogée par BFMTV. De nombreux passionnés en manque de glisse s'invitent donc sur la piste de Bellecôte, accompagnés de volontaires pour les y monter en voiture.

Voitures et minibus

"En plus des 35 activités gratuites que propose la station, on a voulu leur offrir la possibilité de skier. Ce choix a aussi été fait pour permettre aux profs de ski de sortir leurs élèves débutants des villages d'enfants", poursuit-elle.

Alors, certains ont mis au point des combines. "On loue deux minibus de neuf places, un moniteur conduit la navette, l'autre fait son cours de ski" et s'occupe de la descente. "C'est un peu absurde mais ça fonctionne", nous raconte Loïc Lemoine, directeur de l'ESF (école de ski française) Courchevel village.

Une multiplication de pots d'échappement en activité qui fait réagir sur les réseaux sociaux, pointant du doigt l'impact environnemental de cette activité.

"Toujours plus loin dans la bêtise et l'égoïsme: monter en voiture pour faire du ski et contourner les mesures collectives. Et pendant ce temps, la montage souffre et le virus circule...", déplore un utilisateur de Twitter.

"Symbolique désastreuse"

"Lorsqu'on sait que l'essentiel de la pollution dans les stations est provoqué par le transport, remplacer les remontées par des bagnoles, c'est une symbolique désastreuse", s'agace Frédi Meignan, président de l'association de protection de la montagne Mountain Wilderness, interviewé par Le Parisien.

Face à ces critiques, la station de Courchevel semble néanmoins avoir trouvé la parade. La directrice marketing du tourisme souligne qu'actuellement, "le trafic représente 40% du trafic en saison normale. Et on met en place des compensations d'empreinte carbone pour faire en sorte que cette ouverture de piste ne nuise pas à l'environnement", assure-t-elle sur notre antenne sans pour autant préciser quelles "compensations" ont été choisies.

Satisfaite de cette initiative - qui devrait perdurer jusqu'au 7 mars, fin des vacances scolaires - Alexia Lainé espère que d'autres stations prendront la même initiative.

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV