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Plusieurs milliers de manifestants défilent pour les sans-papiers à Paris

Manifestants demandant la régularisation de sans-papiers à Paris le 20 juin 2020

Manifestants demandant la régularisation de sans-papiers à Paris le 20 juin 2020 - Alain JOCARD © 2019 AFP

Les organisateurs exigent, outre la régularisation des sans-papiers, la fermeture des centres de rétention administrative et un "logement pour tous".

Plusieurs milliers de manifestants ont défilé ce samedi à Paris aux côtés des sans-papiers, pour réclamer une vague de régularisation et un geste du gouvernement pour les travailleurs étrangers, en première ligne pendant la crise sanitaire.

"J'ai 42 ans, je mange pas tous les jours à ma faim parce que je ne peux pas travailler. Il faut que ça change, il faut que le gouvernement nous écoute", a plaidé dans le cortège Samba (prénom modifié), un Sénégalais.

La marche, soutenue par la Fédération des associations de solidarité avec tous les immigrés (Fasti), est partie vers 14h00 de la place de la République en direction du nord de Paris. Elle devait initialement se terminer devant l'Elysée, mais la Préfecture de police a interdit cet itinéraire lundi, sans qu'un nouveau ne soit clarifié.

Les deux premières mobilisations avaient rassemblé plusieurs milliers de personnes à Paris, le 30 mai et le 20 juin.

"Un logement pour tous"

Les organisateurs exigent, outre la régularisation des sans-papiers, la fermeture des centres de rétention administrative et un "logement pour tous". La manifestation de samedi est aussi le point d'arrivée de la "Marche des solidarités", un parcours de centaines de sans-papiers, qui ont pris le départ le 19 septembre de nombreuses villes de France comme Marseille, Montpellier ou Rennes.

"Sur la route, ça s'est bien passé, on a été bien accueillis, sauf dans un village où on n'a pas pu dormir et on a dû passer la nuit dans la forêt", a témoigné Souleymane, Malien de 34 ans, parti le 2 octobre de Strasbourg.

"Moi je travaille de temps en temps dans les restaurants, le bâtiment, le nettoyage, sous alias (avec les papiers de quelqu'un d'autre). Mais on est vraiment fatigués, parce que même pendant le confinement, qui a travaillé? C'est nous. Et en plus, on est mal payés", a-t-il expliqué. Le gouvernement a donné instruction aux préfets, mi-septembre, d'accélérer et faciliter la naturalisation des ressortissants étrangers qui se sont mobilisés "en première ligne" durant l'épidémie. On estime entre 300.000 et 600.000 le nombre d'immigrés en situation irrégulière en France.

Cy.C avec AFP