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Paris: quand les élus centristes proposent d’installer des fontaines à vin chaud place de la Concorde

Au coeur de ces propositions des centristes, la grande roue de Marcel Campion, installée place de la Concorde.

Au coeur de ces propositions des centristes, la grande roue de Marcel Campion, installée place de la Concorde. - Miguel Medina - AFP

Dans un voeu au Conseil de Paris, le groupe UDI-MoDem propose de rebaptiser la place de la Concorde en place de la Grande Roue et d'y installer fontaines à vin chaud à la place des fontaines historiques. Un voeu teinté d'ironie qui cherche en réalité à dénoncer l'omniprésence du forain Marcel Campion, propriétaire de la grande roue, installée à la Concorde.

Des chevaux de manège à la place des statues à l'entrée du jardin des Tuileries ou encore un simulateur de chute libre sur l'obélisque de la Concorde. Ces propositions fantasques ont été formulées par le groupe UDI-MoDem alors que s'ouvre ce lundi le Conseil de Paris. Autre projet contenu dans ce voeu au Conseil de Paris: rebaptiser la place de la Concorde en place de la grande roue. Des propositions surréalistes au travers desquelles les élus centristes veulent en réalité dénoncer la place prise par la grande roue du forain Marcel Campion, installée depuis plusieurs années à la Concorde.

Le 24 novembre, ce dernier avait réussi le tour de force de faire bloquer la place de la Concorde pour protester contre une demande de l'Etat de démonter sa roue. Déjà l'hiver dernier après les fêtes, Marcel Campion avait refusé de démonter la grande roue, malgré une demande de la préfecture. Le forain assurait alors avoir une autorisation de la mairie pour rester.

Des coups de force contre lesquels s'inscrivent les élus centristes. Dans leur voeu, ils ironisent sur la présence devenue quasi-permanente de la grande roue.

"La grande roue ne gâche absolument pas la perspective" mais "contribue plutôt à l'exercice d'une vision séquencée de cette perspective unique au monde, et se révèle de fait un test de dépistage très efficace de la Dégénérescence Maculaire liée à l'âge (DMLA)", écrivent-ils.

Puisque les architectes et sculpteurs de la place comme André Le Nôtre "ont quitté ce monde depuis bien longtemps" et sont "aujourd'hui pratiquement inconnus du grand public", rien ne ferait obstacle à une place de la Concorde entièrement dédiée à la grande roue, poursuivent-ils encore.

Contre le marché de noël version Marcel Campion

Beaucoup plus sérieusement, le groupe UDI-Modem a formulé un autre voeu au Conseil de Paris concernant le marché de noël des Champs-Elysées. Un événement à la tête duquel est également Marcel Campion, où se côtoient 200 chalets mêlant stands de gaufres, camelots, artisans et manèges. Une formule qui ne satisfait pas les élus UDI-MoDem.

"Malgré les annonces d'efforts effectués lors des éditions 2015 et 2016 du Marché de Noël des Champs-Elysées, et la création d'un espace 'village des artisans', les insuffisances du Marché de Noël persistent, que ce soit en termes de qualité, d'origine et de sélection des produits proposés à la vente", écrivent-ils. 

Le groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris regrette également l'absence de bilans ou d'évaluation du marché de noël ainsi que les conditions d'attribution de l'organisation du marché depuis sa création à la société de Marcel Campion.

"C'est une mauvaise fête foraine, un alignement de baraquements qui vendent n'importe quoi", s'indigne Edith Gallois (UDI) dans Le Parisien.

De son côté, Marcel Campion assure que désormais "50% des produits proposés au marché de noël sont made in France, sans compter les 40 artisans de France, les 20 créateurs de la chambre des métiers et le marché gourmand des régions". Les centristes souhaitent que la ville de Paris ne renouvelle pas l'autorisation de la société de Marcel Campion d'organiser le marché de noël l'année prochaine. Un marché pour lequel il s'acquitte d'une redevance de 700.000 euros auprès de la ville, avant de louer chacun de ses chalets entre 12.000 et 15.000 euros pour la durée du marché.

Carole Blanchard