BFMTV

Paris: deux ans après l'ouverture de la salle shoot, les riverains du 10e arrondissement mitigés

Deux ans après l'ouverture d'une salle de shoot dans le 10 arrondissement de la capitale, les riverains sont mitigés quant à son efficacité.

Il y a deux ans, une première salle de shoot ouvrait ses portes dans un bâtiment de l’hôpital Lariboisière, à proximité de la gare du Nord à Paris (10e arrondissement). Aujourd'hui, un millier de personnes y sont inscrites et 170 consommations sont recensées en moyenne chaque jour, soit autant d'injections qui n'ont pas lieu dans la rue.

Mais cette "salle de consommation à moindre risque" (SCMR) est loin de faire l'unanimité dans le quartier. Certains riverains estiment notamment que ce lieu est devenu un point de fixation qui attire du trafic, des violences et des toxicomanes. Plusieurs d'entre eux expliquent être témoins quotidiennement de ce type de scènes. Certains n'hésitent pas à les filmer avant de les publier sur les réseaux pour alerter les pouvoirs publics. 

Les commerçants impactés

Les commerçants semblent également en première ligne. Installé dans le quartier depuis 1984, Robert, patron du bar "Le Bouquet du nord" confie avoir vécu une année 2017 catastrophique avec pas moins de sept vols dont deux à son domicile: 

"Les conditions de travail sont déplorables. Je veux vendre mon fonds de commerce mais qu'est-ce que ça vaut aujourd'hui? Je vais perdre 30-40%. Tant qu'il y a cette salle de shoot, c'est invendable. Donc je me retrouve au bout de 40 ans de travail, d'investissement, de TVA et de taxes avec un fonds de commerce qui ne vaut presque plus rien", explique-t-il. 

D'autres commerçants ont tout simplement baissé les bras. C'est le cas d'un épicier du quartier qui a fermé ses portes il y a quelques semaines. Dans une lettre adressée à la mairie de Paris, il accuse ouvertement la salle de shoot d'être à l'origine de la fermeture de son commerce. 

"La situation ne s'est certainement pas dégradée"

Enfin, certains riverains se montrent favorables au maintien de la salle de shoot. Selon eux, le trafic existait avant son ouverture: 

"La situation ne s'est pas nécessairement améliorée mais elle ne s'est certainement pas dégradée. La toxicomanie était présente dans ces rues, elle n'a pas disparu, mais c'est pas pour autant que ces rues sont sacrifiées. Il n'y pas plus de scènes", estime Nicolas, un habitant du quartier. 

De son côté, la mairie juge l'expérience concluante. Elle souhaite d'ailleurs ouvrir deux nouvelles salles en Ile-de-France: une en Seine-Saint-Denis, l'autre dans le quartier des Halles. 

Florian Chevallay avec Paul Louis