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Otages au Niger : trois ans d’enfer

Les quatre otages ont été enlevés sur leur lieu de travail, un site d'Areva au Niger.

Les quatre otages ont été enlevés sur leur lieu de travail, un site d'Areva au Niger. - -

Cela fait trois ans exactement que les 4 otages enlevés au Niger ont disparu. « On les laisse pourrir, ce n’est pas possible », s’indignent leurs proches qui organisent dimanche une manifestation à leur mémoire.

C’était il y a trois ans, jour pour jour. Collaborateurs du groupe nucléaire Areva, Thierry Dol, Marc Féret, Daniel Larribe et Pierre Legrand étaient enlevés à Arlit, au Niger, par Al Qaida au Magreb Islamique sur un site d'extraction d'uranium du nord du pays.
Dimanche, les proches des otages se sont rassemblés près du Ministère des Affaires Etrangères avant d'entamer une marche nocturne symbolique dans la capitale. Après avoir picniqué et dormi quelques heures sous le pont Alexandre III, une quinzaine de proches ont entamé leur périple de 18 kilomètres, à 3h du matin, passant devant le siège d’Areva, l’Elysée, ou encore le ministère de la Défense. Dans chaque lieu, ils ont déposé une lettre, ainsi qu'un manifeste demandant à l'Etat français de tout faire pour la libération de ces otages, signé par plus de 12 000 personnes.

« Trois ans, c'est trop long »

Fin juillet, François Hollande avait dit avoir des preuves de vie des quatre otages. Hier soir, lors de son intervention télévisée, il a affirmé que l'Etat français « faisait tout pour aller les chercher », en ajoutant: « Trois ans, c'est trop long ». Le Quai d'Orsay a fait savoir hier que les familles des Français enlevés à Arlit seront reçues au ministère par le directeur du centre de crise ce lundi, au terme de leur marche symbolique. Un « point de situation » sera fait lors de cette rencontre. Ce lundi matin, les portraits des quatre otages ont été dévoilés à Paris, sur la place de la mairie du IVe arrondissement en présence d'élus de la capitale.

« Où on veut faire sortir les gens, ou on ne veut pas »

« On perd la notion du temps, et en même temps, en trois ans, vous imaginez tout ce qu’il a pu se passer : des décès, des naissances, des petits enfants qui grandissent, et Daniel n’en sait rien », s’émeut sa femme, qui participait à la marche. Pour Frédéric Cauhapé, le beau-frère de Marc Ferret, l'Etat français les a même clairement abandonnés, et son geste est aujourd’hui un appel à l’action. « On nous dit que tout est fait, on veut bien le croire, mais ce qu’on voit surtout, c’est que les otages ne sont pas là. Ça fait trois ans maintenant, on se pose beaucoup de questions. On laisse pourrir, là, ce n’est pas possible ! Où on veut faire sortir les gens, ou on ne veut pas les faire sortir ».

M. Chaillot avec Maud de Carpentier