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Mort de Vincent Lambert: sa femme Rachel "abattue" par des "années de procédure"

Rachel Lambert, l'épouse de Vincent Lambert

Rachel Lambert, l'épouse de Vincent Lambert - FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Vincent Lambert est mort après onze années passées dans un état végétatif. Mais la longue bataille judiciaire retire à son épouse "l'apaisement qui aurait été souhaitable", regrette son avocate, Me Sara Nourdin.

L'épouse de Vincent Lambert, Rachel, est "abattue" par des "années de procédure", "d'acharnement thérapeutique" et de "lutte" pour faire entendre "les volontés de son mari" Vincent, patient en état végétatif depuis presque onze ans, mort ce jeudi, a déclaré son avocate, Me Sara Nourdin.

"L'annonce de son décès a été très éprouvante et difficile sur le plan personnel, parce que ça reste la perte d'un être cher, mais elle est aussi triste devant l'acharnement qui continue... Tout ça est très violent", a-t-elle ajouté.

"Malheureusement ce matin, on ne peut pas encore parler de soulagement, mais j'espère qu'elle va trouver un peu de paix à présent", a-t-elle poursuivi.

"Le cadre légal a été strictement appliqué"

Le volet judiciaire n'est pas encore terminé car le parquet de Reims a ouvert une enquête préliminaire pour tentative d'homicide volontaire après la plainte déposée par les avocats des parents de Vincent Lambert, Me Jean Paillot et Jérôme Triomphe. Ces derniers ont estimé ce jeudi que sa mort était "un crime d'État". Des déclarations "indignes" selon l'avocate, pour laquelle, au contraire, "un cadre légal a été strictement appliqué".

Vincent Lambert, patient en état végétatif depuis un accident de la route en 2008, est décédé jeudi matin à l'âge de 42 ans, huit jours après l'arrêt de son hydratation et de son alimentation par sonde.

Son cas, devenu le symbole du débat sur la fin de vie en France, a divisé sa famille : d'un côté ses parents, fervents catholiques fermement opposés à un arrêt des traitements, de l'autre, son épouse Rachel, son neveu François et six frères et soeurs qui dénonçaient un "acharnement thérapeutique". Selon eux, Vincent leur avait confié oralement préférer mourir que de vivre "comme un légume", bien qu'il n'ait jamais laissé de directive anticipée.

Ambre Lepoivre avec AFP