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Marseille : il prend des infirmières en otages… et ressort libre

L'homme avait été blessé par balles dans un bar de la ville.

L'homme avait été blessé par balles dans un bar de la ville. - -

A Marseille, un homme soigné pour des blessures par balles et persuadé qu’il était recherché par ses agresseurs, a fait entrer une arme à l’hôpital et a menacé les infirmières. Il est reparti libre.

Il prend des infirmières en otage et ressort… libre de l'hôpital. Dans la nuit du 12 au 13 août dernier, un homme armé a pris des infirmières de l'hôpital Nord de Marseille en otage, un évènement passé sous silence selon La Provence qui révèle l'information. Opéré après des blessures par balle infligées quelques jours plus tôt dans un bar de la ville, l'homme s'est fait apporter une arme à l'unité de chirurgie thoracique, où il avait été transféré, et a séquestré une partie du personnel pendant plusieurs heures. « Il était convaincu que ses agresseurs le cherchaient partout dans l’hôpital pour l’exécuter. Alors il s’est fait amener une arme par un ami à lui », explique le Pr Thomas, qui a assisté à la scène.
Fait marquant, le forcené, appréhendé par la police, est reparti libre et n'a été qu'exclu de l'hôpital. « Les soignants qui ont été victimes de l’agression n’ont pas porté plainte car ils ne voulaient pas donner leur identité par peur des représailles », assure l'AP-HM (Assistance Publique Hôpitaux de Marseille).

« Pas le cadre d'une prise d'otages »

Si l'assistance publique des hôpitaux de Marseille refuse de parler de prise d'otage, elle confirme bien les faits. « La terminologie est tout à fait inappropriée », affirme Jean-Michel Budet, directeur général adjoint de l'APHM. « Nous avons effectivement eu des démêlés avec un patient qui, dans le cadre de ses visites privées, avait reçu une arme à l’hôpital pour se protéger. Nous avons fait en sorte qu’il sorte rapidement pour éviter tout problème, l’hôpital n’est pas un lieu où on règle ses comptes ». Mais pas question d’employer des mots trop forts. « Il a proféré des menaces verbales auprès du personnel, on n’est pas dans le cadre d’une prise d’otages ».

« Prendre l'ampleur de la gravité de la situation »

Samia Ghali, sénatrice socialiste des 15 et 16eme arrondissements de Marseille, souhaite au contraire que tout soit dit. La candidate à la mairie de Marseille qui a appelé l’armée à intervenir le dit : une telle affaire « ne la surprend pas ». L’élue s’indigne en revanche que personne n’ait été mis au courant. « Ce qui est surprenant, c’est que ce soit caché, beaucoup de choses sont cachées aux Marseillais. La situation marseillaise est peut-être regardée d’une manière trop naïve par rapport à la réalité. Il faut prendre toute l’ampleur de la gravité de la situation. Que le gouvernement ne prenne pas la mesure de ce qu’il se passe, c’est inacceptable, ça devient de la non-assistance à personne en danger ».

M. Chaillot avec Stéphane Burgatt