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Paris, Nantes, Rennes...: des manifestations contre la loi Travail émaillées de violences

A Nantes, des scènes de violences urbaines ont éclaté en marge de la manifestation contre la loi Travail.

A Nantes, des scènes de violences urbaines ont éclaté en marge de la manifestation contre la loi Travail. - AFP

Des heurts parfois très violents ont éclaté en marge des manifestation contre la loi Travail, ce samedi à Paris, Rennes, Nantes, Toulouse et Strasbourg. Des violences "très fermement" condamnées par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Entre 120.000 personnes, selon le ministère de l'Intérieur, et 110.000 selon les syndicats, se sont mobilisées une nouvelle fois dans toute la France, dans une ambiance globalement bon enfant. Mais à Paris, Nantes, Rennes, Toulouse et Strasbourg, des heurts parfois très violents ont éclaté en marge des cortèges. En tout 26 personnes ont été interpellées, dont neuf à Paris, a déclaré le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet.

Cazeneuve condamne "très fermement les violences"

Bernard Cazeneuve a condamné "très fermement les violences perpétrées par plusieurs centaines de casseurs en marge des manifestations" à "Paris, Rennes, Nantes, Toulouse et Strasbourg".

"Les éléments ultraradicaux auteurs de ces violences n'ont rien à voir avec la très grande majorité des manifestants", a ajouté le ministre de l'Intérieur dans un communiqué, précisant que sept policiers avaient été blessés par des projectiles et des journalistes "agressés à Nantes".

Un groupe de "300 à 400 militants extrémistes" à Paris

Trois policiers ont notamment été légèrement blessés lors d'incidents dans la capitale, a précisé à la presse le préfet de police de Paris, Michel Cadot. Des incidents ont éclaté en fin du parcours parisien, place de la Nation, entre des personnes cagoulées ou casquées, qui ont jeté de nombreux projectiles, et les forces de l'ordre, qui ont chargé à plusieurs reprises et fait usage de grenades lacrymogènes, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Le préfet de police a dénoncé la présence "en tête de cortège, dès le début de la manifestation, d'un groupe de 300 à 400 militants extrémistes, militants radicaux" avec "la volonté manifeste d'en découdre avec les forces de l'ordre". La manifestation "globalement" s'est déroulée "dans des conditions correctes", a-t-il toutefois assuré. Les heurts se sont terminés en début de soirée.

"650 casseurs" à Rennes, huit interpellations

Huit personnes ont été interpellées à Rennes lors de la manifestation contre la loi travail à laquelle participaient au moins 1.700 personnes, dont "650 ont un profil de casseurs", a affirmé le préfet d'Ille-et-Vilaine, alors que le leader FO dénonce "une stratégie de tension manifeste" des autorités.

Les forces de l'ordre, cibles de projectiles - "fumigènes, des bouteilles remplies de liquide inflammable, des calots", a détaillé le préfet - ont répliqué par des charges et des tirs de grenades lacrymogènes. Le préfet a diffusé des images de la manifestation tournées depuis un hélicoptère, où l'on voit certains manifestants porteurs de battes de base-ball ou de barres de fer.

Certains ont aussi empêché les pompiers d'intervenir alors qu'ils avaient été appelés pour éteindre un incendie de cagettes de bois, allumé par les manifestants dans le centre historique de Rennes. Cette action a donné lieu à une charge musclée de la part des forces de l'ordre.

Selon le bilan du préfet, quatre membres des forces de l'ordre ont été blessés. Le préfet a en revanche démenti l'information du secrétaire départemental de FO selon laquelle 19 personnes côté manifestants ont été blessées, dont 5 graves.

Scènes de violences urbaines à Nantes

Des heurts ont opposé des manifestants aux forces de l'ordre en marge de la manifestation à Nantes qui rassemblait, dans une ambiance très tendue, 2.600 personnes selon la préfecture, 15.000 selon la CGT. Au moins quatre personnes ont été interpellées, selon la préfecture. Le calme est revenu vers 18 heures. Les forces de l'ordre ont été à plusieurs reprises la cible de projectiles divers, pavés, cailloux, bouteilles et oeufs. Elles ont répliqué en tirant des grenades lacrymogènes et en faisant usage de lances à eau pour empêcher l'accès à l'hypercentre.

En début de manifestation, un groupe de 7 ou 8 journalistes, photographes et reporters d'images, a été pris à partie, poursuivi et caillassé par une trentaine de très jeunes gens, vraisemblablement mineurs et ne se réclamant d'aucun syndicat. Ces jeunes s'en sont également pris, peu auparavant, à une équipe de BFMTV qui faisait un direct, dont un journaliste a reçu un coup de poing et eu une dent cassée. 

Des scènes de violences urbaines se sont répétées à plusieurs reprises par la suite avec des groupes de plusieurs dizaines, voire de centaines de jeunes, qui tentaient de dresser des barricades avec des éléments de chantiers, ou lançaient des projectiles sur les forces de l'ordre, avant d'être repoussés à grands renforts de gaz lacrymogènes. De nombreux mobiliers urbains ont été dégradés - abribus brûlés, poubelles incendiées -, ainsi que des agences bancaires ou immobilières. 

C. P. avec AFP