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"No gazaran!": 7.000 à 15.000 personnes défilent contre le gaz de schiste dans le Gard

Manifestation à Barjac dans le Gard contre le reconduite d'un permis de recherches sur le gaz de schiste au bénéfice de Total.

Manifestation à Barjac dans le Gard contre le reconduite d'un permis de recherches sur le gaz de schiste au bénéfice de Total. - Sylvain Thomas

Un "rassemblement citoyen" de 7.000 à 15.000 personnes s'est réuni à Barjac pour dénoncer la réattribution à Total par le juge administratif du permis de recherches de Montélimar.

"Non au gaz de schiste, ni ici, ni ailleurs, ni aujourd'hui, ni demain": plusieurs milliers d'opposants au gaz de schiste ont réclamé dimanche à Barjac dans le Gard une "loi claire" interdisant toute exploration et exploitation des hydrocarbures non conventionnels.

Le défilé, organisé au lendemain de la forte mobilisation contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, a rassemblé de 7.000 personnes, selon la préfecture, à 15.000 selon les organisateurs. Elles ont défilé dans les ruelles du petit bourg médiéval situé aux confins des Monts de l'Ardèche et des Cévennes, bastion de la résistance au gaz de schiste. La marche, au rythme de percussions, était menée par de nombreux élus, essentiellement locaux, portant l'écharpe tricolore.

"Total, n'inschistez pas!"

Au côté du slogan collectif "Non au gaz de schiste, ni ici, ni ailleurs, ni aujourd'hui, ni demain", et de ceux des organisations comme Attac, Greenpeace ou la Confédération paysanne, de nombreux manifestants avaient préparé des banderoles et pancartes personnelles: "Total, n'inschistez pas!" ou encore "Si vous touchez à notre terre, nous vous déclarerons la guerre". "No gazaran!", ont-ils aussi scandé, adaptant le slogan des Républicains espagnols pendant la guerre civile "No pasaran !".

La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal n'a cessé de nous faire des promesses non tenues, comme tous ses prédécesseurs. On en a assez, si le gouvernement socialiste veut légiférer, il faut qu'il le fasse tout de suite, il ne lui reste que 10 mois".

A défaut, la mobilisation, non violente depuis 2010, se transformera en "blocages". "Nous sommes organisés, s'il faut en arriver là", a menacé Sébastien Espagne, un autre porte-parole.

La crainte de voir Total passer de la recherche à l'exploitation

Ce rassemblement a été organisé en réaction à la réattribution à Total du permis de recherches de Montélimar par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise) le 28 janvier dernier. "Cette décision a vraiment mis en colère les gens. Ça a beaucoup élargi notre mouvement", a commenté Paul Reynard.

"Les pétroliers comme Total obtiennent des permis sur 15 ans, ils tablent sur un changement de majorité et l'arrivée au pouvoir de partis favorables à l'exploitation du gaz de schiste", a-t-il estimé, faisant allusion au parti Les Républicains.

En 2011, la loi Jacob a interdit la technique de la fracturation hydraulique, mais "la recherche" reste autorisée. Le 30 janvier, Ségolène Royal a fait appel de la décision du tribunal administratif de Cergy-Pontoise devant le conseil d'Etat.

"Il n'y aura plus de permis pour rechercher les gaz de schiste et le nouveau code minier, qui est en cours de réforme, intégrera cette interdiction", a assuré la ministre de l'Ecologie sur France 3 dimanche.

Les collectifs qui appellent à manifester dimanche demandent notamment que "le gouvernement légifère, par une loi claire et précise, pour interdire définitivement toute exploration et toute exploitation des hydrocarbures non conventionnels sur l'ensemble du territoire national." Vers 14h30, une marche citoyenne est prévu dans le petit bourg médiéval de Barjac, situé aux confins des monts de l'Ardèche et des Cévennes.

D. N. avec AFP