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Loi espagnole "anti-avortement": rassemblement devant l'ambassade à Paris

Des manifestants, vendredi, à Paris, contre la loi espagnole sur l'IVG.

Des manifestants, vendredi, à Paris, contre la loi espagnole sur l'IVG. - -

Cinq organisations féministes ont appelé à un rassemblement vendredi devant l'ambassade d'Espagne, à 13 heures, pour protester "contre la loi anti-IVG du gouvernement conservateur espagnol".

Dès treize heures, ce vendredi 27 décembre, devant l'ambassade d'Espagne à Paris, des manifestants se sont rassemblés pour protester contre la loi espagnole sur l'avortement. "Surtout des femmes, mais il y a aussi des hommes solidaires, c'est bien", confie à BFMTV.com Betty Lachgar, co-fondatrice du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles, une ONG marocaine, et qui a récemment fait parler d'elle en organisant un "kiss-in" de soutien aux trois protagonistes de l'affaire du baiser de Nador.

En France pour une semaine, Betty Lachgar, est venue apporter son soutien aux organisations françaises qui protestent contre le projet de loi espagnol qui vise à restreindre l'accès à l'avortement, précisément parce que l'IVG n'est pas légal au Maroc: "Les Marocains vont utiliser ce retour en arrière. Nos détracteurs passent leur temps à nous reprocher de prendre exemple sur les pays occidentaux, donc-là, ils vont pouvoir dire: 'Vous voyez, même les Occidentaux prennent conscience d'avoir fait une erreur en légalisant l'avortement'".

"Cette initiative aura une suite" ailleurs en Europe

Le ministre espagnol de la Justice, Alberto Ruiz Gallardon, a d'ailleurs affirmé ce vendredi matin qu'il était "convaincu que cette initiative aura une suite" ailleurs en Europe.

Ce rassemblement à Paris a été organisé à l'appel de cinq organisations féministes pour protester "contre la loi anti-IVG du gouvernement conservateur espagnol". Le gouvernement espagnol avait présenté le 20 décembre, une nouvelle "loi de protection de la vie du conçu et des droits de la femme enceinte", qui mettra fin, si elle est adoptée, à l'avortement conçu comme un droit, introduit en Espagne par le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero et entré en vigueur en 2010.

Ce projet de loi prévoit d'autoriser l'avortement uniquement dans deux cas très précis: lorsque l'interruption de grossesse est nécessaire en raison d'un grave danger pour la vie ou la santé physique ou psychologique de la femme et dans le cas où la grossesse est la conséquence d'un délit contre la liberté ou l'intégrité sexuelle de la femme.

L'appel a été entendu par le Parti socialiste, qui a appelé dans un communiqué publié jeudi ses troupes à se joindre à la manifestation: "Le Parti socialiste apporte son soutien au rassemblement des féministes françaises contre la loi anti-IVG du gouvernement conservateur espagnol" ont souligné Laurence Rossignol, porte-parole et Adeline Hazan, secrétaire nationale aux Droits des femmes.

Le rassemblement de vendredi était une "première étape" pour les organisateurs. Une réunion unitaire est prévue le 9 janvier à la Bourse du travail pour mettre en place d'autres actions.

Caroline Piquet