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Les agents de la poste en grève pour «pression et stress»

Bureau de poste de la gare Saint Charles, à Marseille.

Bureau de poste de la gare Saint Charles, à Marseille. - -

Les fonctionnaires de La Poste entament ce mardi une grève nationale. Pointés du doigt par les syndicats, «la pression et le stress imposés aux personnels au nom de la rentabilité». Quelles sont les conditions de travail des postiers en 2011 ? Reportage.

C'est la première mobilisation nationale de grande ampleur de l'année 2011 à La Poste. A l'appel de plusieurs syndicats, facteurs et guichetiers sont en grève et manifestent. Les postiers dénoncent des conditions de travail qui se dégradent, sur fond de délitement du service public. La restructuration de l'entreprise - devenue société anonyme à capitaux publics en 2010 - a entrainé la suppression de 11.700 postes, via des départs à la retraite non-remplacés. Or, de l'aveu même de la direction du groupe, le recrutement de contractuels, pour compenser au moins partiellement ce plan, a été insuffisant. Selon les syndicats, les conséquences sont dommageables pour le personnel.

Dans les nouveaux bureaux de poste, les guichetiers sont désormais debout

La suppression de plusieurs tournées de distribution de courrier dans toute la France aurait mécaniquement engendré un accroissement de la charge de travail des facteurs. La modernisation des bureaux ouverts au public aurait également entrainé une hausse de la pénibilité, chez les guichetiers notamment. Désormais ils ne travaillent ainsi plus assis, mais debout.
Guillaume, un jeune facteur de 24 ans, fait sa tournée quotidienne à Carrières-sur-Seine (Yvelines). Il explique sur RMC en quoi son métier à lui aussi a changé: "Il faut remplacer le collègue absent en plus de la tournée quotidienne. Donc, je ne prends plus le temps. C'est à fond du matin jusqu'à la fin de ma journée. Avant on pouvait finir à midi, avoir le temps de manger."

Multiplication des arrêts-maladie

"Maintenant on est souvent à midi, voire 13h ou 14h encore sur notre vélo sans avoir rien dans le ventre. Comme ça tous les jours, du lundi au samedi, on accumule pas mal de fatigue", regrette-t-il.
D'après la CGT, les arrêts-maladie se sont d'ailleurs multipliés ces deux dernières années chez les agents. Elle en chiffre le coût à 4 millions d'euros. Les syndicats n'hésitent pas, dans certains cas, à faire le comparatif avec la situation à France Télécom l'année dernière, lorsque plusieurs salariés s'étaient donnés la mort. Des cas de suicides sont évoqués à La Poste, ainsi qu'une multiplication du nombre de dépressions graves. Mais la direction réfuse néanmoins d'établir un lien avec les conditions de travail.