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Colère des éleveurs: le point sur les blocages

De nombreux barrages ont été organisés dans le grand ouest en attendant les propositions du gouvernement. Caen et le Mont-Saint-Michel sont toujours bloqués alors le barrage sur l'autoroute A1 a été levé. Le pont d'Oléron a lui aussi été fermé ce mercredi matin.

Au quatrième jour d'une mobilisation qui va crescendo depuis dimanche, les éleveurs accentuaient la pression mercredi matin sur le gouvernement. Celui-ci doit dévoiler dans la journée un plan de soutien à l'élevage français, dans l'espoir d'obtenir la levée des barrages qui paralysent de nombreux axes routiers.

Les éleveurs en colère bloquaient toujours la rocade de Caen et les accès au Mont-Saint-Michel et maintenaient de nombreux barrages dans le grand Ouest, a-t-on appris auprès du Centre régional d'informations routières.

"On est restés cette nuit c'était aussi pour continuer à mettre la pression de manière à ce que le ministre fasse très vite et que ça avance" expliquait à BFMTV ce mercredi Samuel Bidert, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs du Calvados.

Le pont d'Oléron et le château de Chambord bloqués

Sud Ouest annonçait ce mercredi le blocage du pont d'Oléron, en Charente-Maritime, avec la mise en place d'un barrage filtrant "au moins jusqu'à jeudi soir".

Au Havre, le contenu de tout un camion a été déversé devant la sous-préfecture et devant l'hôtel de ville.

"C'était du poulet brésilien qui partait vers la Bretagne pour être transformé en je ne sais quel produit", a déclaré à l'AFP Arnold Puech d'Alissac, président de la FDSEA de Seine-Maritime.

Dans le même temps, les ponts de Normandie, enjambant l'estuaire de la Seine, près du Havre, de Tancarville et de Brotonne, entre Le Havre et Rouen, étaient fermés à la circulation dans les deux sens, mercredi matin, selon le CRIR. Dans le Finistère, le pont de Morlaix, celui de l'Iroise, à Brest, et la nationale 165 à hauteur de Quimper étaient aussi coupés à la circulation dans les deux sens.

"Nous attendons (la présentation de) l'ensemble des 18 ou 19 mesures (pour les éleveurs) ce matin pour voir si ça répond à nos problèmes", a indiqué à l'AFP le président de la FDSEA du Calvados, Jean-Yves Heurtin.

D'après nos informations, le périphérique de Cholet, dans le Maine-et-Loire est aussi coupé. 35 véhicules agricoles ont également mis en place des barrages filtrants sur les routes d'accès au château de Chambord, le site touristique emblématique du Loir-et-Cher.

La mobilisation gagne le centre du pays

Dans la région Rhône-Alpes, quelque 80 agriculteurs bloquen la circulation à Balbigny, dans la Loire, au sud de Roanne. La nationale 7 aussi est fermée dans les deux sens à hauteur de Mably, dans le même département. En Auvergne, quelque 400 agriculteurs sont mobilisés dans l'Allier, sur 12 communes du département, où ils ont mené des actions devant les devantures de supermarchés.

150 paysans de l'Indre ont manifesté à l'appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs dans la nuit à Châteauroux et répandu du fumier sur les parkings de Leclerc, Carrefour, McDonald et Quick. Dans le Cher, des éleveurs ont entrepris de bloquer deux supermarchés de l'agglomération de Saint-Amand-Montrond avec "vérification de la provenance des produits carnés", a indiqué un dirigeant de la FDSEA.

Opérations escargot

En Bretagne, un barrage filtrant perturbe la circulation sur l'autoroute A81 Paris-Rennes dans les deux sens au péage de La Gravelle, à l'entrée de la Bretagne. L'accès à Saint-Malo est bloqué à l'arrivée de la quatre-voies en provenance de Rennes. Dans les Côtes d'Armor, un barrage filtrant est en place sur la N12 dans le sens Paris-Brest. Dans un communiqué, les Bonnets rouges appellent "tous les Bretons à se joindre aux manifestations des agriculteurs partout où c'est possible".

L'accès à l'agglomération de Poitiers est rendu excessivement difficile, voire impossible, par de nombreux barrages filtrants (engins agricoles mais aussi bottes de paille, fumier, etc.) dressés sur les quatre axes principaux desservant la ville. Les manifestants ont même établi un enclos sur un rond-point pour y placer un taureau et des vaches. 

A Amiens et Abbeville, dans la Somme, les blocages se poursuivent et de nombreuses déviations sont toujours en place. En Vendée, des opérations escargot avec barrages filtrants sont prévues dans la matinée dans les plus grosses villes du département, La Roche-sur-Yon, Les Herbiers, Fontenay-le-Comte, Les Sables d'Olonne, Montaigu, après des actions de blocage dans la nuit devant les sites Sodebo à Saint-Georges de Montaigu et Fleury Michon à Mouilleron-en-Pareds pour maintenir "la pression".

Blocage levé sur l'A1

En revanche, près de Lille, les agriculteurs ont levé leur barrage érigé dans la nuit de mardi à mercredi et qui bloquait partiellement l'autoroute A1. La chaussée, encombrée de pneus, restait impraticable autour de 11 heures.

Simon Ammeux, vice-président des Jeunes Agriculteurs du Nord-Pas-de-Calais expliquait ce mercredi sur BFMTV qu'"il va falloir avoir un ministre un peu plus ambitieux quand même, parce que pour l'instant c'est très très vague, c'est trop vague".

"S'il tient le même discours après la réunion cet après-midi à Paris, il n'y aura pas un arrêt des actions", a-t-il ajouté.

Selon la préfecture, au moins 250 tracteurs et 100 véhicules particuliers avaient pris part à cette manifestation en soutien aux agriculteurs de l'Ouest et pour montrer la colère face au gouvernement qui doit présenter dans la matinée un plan d'urgence pour répondre aux attentes du monde agricole qui espère notamment une augmentation du prix de la viande. 
A. D. avec AFP