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Cigarettes : les buralistes en colère

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Ce jeudi, les buralistes couvriront symboliquement leurs rayonnages d’un drap blanc : dans quelques mois, ils pourraient en effet devoir cacher les cigarettes de la vue des clients. « De la politique spectacle », dénoncent les professionnels.

C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. La mesure de trop. Partout en France, les buralistes vont exprimer leur colère ce jeudi suite à deux projets européens qu’ils voient arriver d’un mauvais œil : la mise en place des paquets neutres, et l’obligation de cacher les paquets sur les linéaires pour que les acheteurs ne voient pas le produit. La directive est attendue pour cet automne, et l’objectif recherché est de supprimer toute forme de publicité au tabac, à la fois sur l'emballage et sur le lieu de vente.
Les 28 000 buralistes de France ont donc décidé de recouvrir leurs rayonnages d’un drap blanc pendant une heure ce jeudi, d’autant plus que le prix des cigarettes va augmenter de 6% le 1er octobre prochain.

« Qu’est-ce qu’on a fait de mal ? Vendre un produit légal ? »

Pour les professionnels, toutes ces mesures vont trop loin. « On fait 1 500 clients par jour, vous n'imaginez pas le nombre de fois où on va ouvrir » les tiroirs où sont rangées les cigarettes, s’indigne Patrick Brice, buraliste à Lille et président de la Fédération Nord des buralistes. Ça ne sert à rien ». Comme la plupart de ses confrères, il estime que ces nouvelles directives n’auront pas d’effet concret. « Ce n’est pas parce qu’on cache un produit qu’on va diminuer la consommation, ça c’est vraiment ce qu’on appelle la politique spectacle. Maintenant on devient les parias de la société. Qu’est-ce qu’on a fait de mal ? Vendre un produit légal ? » Patrick Brice estime donc que ce sont les trafics et les mafias qui vont le plus en profiter : « La contrebande va être beaucoup plus facile, vous n’aurez plus de signe distinctif. Qui va être pris, avec ça ? Notre jeunesse. Parce que notre jeunesse va se rapprocher des trafiquants et des mafieux », craint-il.

« Ça joue pour les plus jeunes »

Bien au contraire, estime Marie-Ange Testelin, les jeunes devraient être les premiers bénéficiaires de ces mesures. Directrice de l’association ECLAT à Lille, une association de lutte et de prévention contre les risques du tabac, elle considère « qu’entrer chez un débitant de tabac et ne pas voir un paquet de tabac, ça va permettre aux personnes de ne pas y penser ». Et les jeunes en priorité : « Ça joue pour les plus jeunes qui viendront acheter leur magazine tendance et pas de tabac. Les jeunes ne sont pas vraiment fumeurs, ils sont dépendants à partir de 17, 18 ans, donc je pense que ça peut agir sur les jeunes qui ne sont pas encore dans un tabagisme actif ».

La rédaction avec Lionel Top