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Aéroports : grève reconduite et policiers mobilisés

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Files d’attente, passagers énervés… La pagaille continue dans les aéroports. Ce jeudi, les syndicats des agents de sûreté entament leur septième jour de grève, pour revaloriser leur salaires et leurs conditions de travail. A Roissy, les forces de l’ordre remplacent les grévistes.

Les négociations menées hier mercredi à Roissy sous l'égide d'un médiateur, entre les entreprises de sûreté aéroportuaire et les syndicats, ont abouti à une impasse. Et face à cet enlisement, le chef de l'Etat a durci le ton, sommant le gouvernement de prendre «toutes les mesures nécessaires et opportunes» pour assurer le bon déroulement des départs en vacances. Et le ministère de l'Intérieur a décidé de recourir ce matin à des effectifs de la Police aux frontières (PAF) et de CRS pour remplacer les grévistes à Roissy et « assurer les missions de fouille des passagers et des bagages ». Malgré le mouvement, les avions décollent à Roissy, Lyon et Nice.

Files d’attente, policiers dépassés et passagers énervés

Depuis ce jeudi matin 6h, les forces de l'ordre remplacent en effet les agents de sûreté en grève. Et c’est la pagaille au filtre sécurité : des files d’attente assez longues, des forces de l’ordre qui peinent à assurer la cadence, des passagers qui s’énervent et des grévistes qui rient sous cape. Ses derniers avaient prévenu : les forces de l’ordre ne sont pas formés à la sécurité aéroportuaire, cela se voit, bien qu’ils n’assurent que les palpations. Et certains mettent en garde les passagers contre des lacunes possibles dans la sécurité des vols.

« Ça suffit d’être mal payé ! »

Danièle Henrion, agent de sûreté, déléguée CGT, explique ce que disent les directeurs d'entreprise quand les syndicats leur réclament 200 euros mensuels supplémentaires : « Ils disent qu’ils n’ont pas les moyens de payer. Ils ont du mépris pour les travailleurs. Quand on dit 200 euros, c’est pas pour rigoler, on a besoin de cet argent, comme toutes les petites gens dans ce pays, pour finir les fins de mois. Ils sont vraiment imperméables à ce qu’on veut. Ça suffit d’être mal payé, de subir des conditions de travail insupportables ! ».

« Il n'y a pas d’argent dans les sociétés de sûreté »

Patrick Thouverez, qui préside le regroupement des Entreprises de sûreté aéroportuaire, répond à cet argument syndical : « En tant que président du syndicat, je peux vous dire que les six premières sociétés de sûreté ne gagnent pas d’argent, ou alors moins de 1%. Deux d’entre elles sont en redressement judiciaire et deux d’entre elles seront probablement vendues l’an prochain. Donc il n’y a pas d’argent dans les sociétés. Les grévistes imaginent qu’un magot se cache quelque part, mais je ne sais pas où il est ».

De son côté, l'UMP propose d'instaurer un service minimum dans l'aérien comme à la SNCF et à la RATP. Le SNPL, principal syndicat de pilote, et au moins deux syndicats d'hôtesses et de stewards, menace de faire grève en février pour les vacances d'hiver.

La Rédaction, avec Hugo Perrier