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Constructions en zone inondable: à qui la faute?

Les inondations meurtrières du début du mois d'octobre dans les Alpes-Maritimes ont relancé le débat sur les constructions en zone inondable, qui se poursuivent malgré le lourd bilan. Maires, préfets, promoteurs immobiliers et particuliers: les acteurs se renvoient la responsabilité de l'urbanisation massive dans les zones à risques.

Des morts, des blessés et des habitations ravagées par les eaux. Le dernier bilan des inondations dans les Alpes-Maritimes et le Var du début du mois d'octobre est lourd; en France, d'autres secteurs urbanisés en zone inondable sont régulièrement exposés à des sinistres. De plus en plus souvent, des maisons sont inondées, des magasins détruits à cause de la montée des eaux. Le changement climatique favoriserait ce type d'événements. La législation a évolué pour prendre en compte ces risques, mais sa traduction concrète sur le terrain s'avère parfois difficile.

Or, des projets immobiliers se poursuivent dans la région de la Côte d'Azur, y compris dans des zones potentiellement inondables.

Quelles sont les mesures pour protéger des risques d'inondation?

La législation, tant au niveau européen que français, prévoit une délimitation des zones inondables. Celle-ci a été réalisée par les préfets à travers les plans de prévention des risques inondations. Ces plans classent les endroits en fonction du niveau de risque. Si le risque est élevé, les constructions peuvent être interdites, voire des habitations détruites. Lorsque le risque est moyen ou faible, de simples conditions peuvent être imposées afin de limiter les dégâts pour les propriétaires et locataires en cas d'inondation. 

Qui doit les faire respecter?

Le préfet est chargé d'approuver ces plans de prévention des risques d'inondation, mais ce sont les maires qui doivent lui donner une traduction concrète. Ces élus doivent donc arbitrer entre les risques potentiels et le développement de leurs communes, par les habitations et les commerces. Ils reçoivent donc des pressions des promoteurs immobiliers, des industriels et des particuliers voulant construire ou agrandir leurs habitations. "Actuellement, il faut savoir que tous les permis qui sont instruits par la métropole ont un avis défavorable. Ce sont les maires qui donnent des avis favorables", explique Colette Arnaud, de l'association Vivre avec le fleuve à Saint-Louis de Presqu'île d'Ambès, près de Bordeaux.

Les nouvelles constructions sont-elles légales?

L'Eco-Vallée dans la plaine du Var, le nouveau centre commercial de Cagnes-sur-Mer ou le quartier du stade Vélodrome à Marseille, les chantiers ne manquent pas. "C'est criminel de laisser construire dans des endroits pareils avec des parkings souterrains (…) Ils ne veulent pas le comprendre, parce qu'il y a l'argent derrière", critique un membre de l'association Nature environnement à propos des commerces de Cagnes-sur-Mer. Ces projets sont pourtant tous légaux bien qu'ils se trouvent en zone inondable. Des permis de construire, délivrés par les maires, ont été délivrés avant les travaux. Les constructions peuvent donc continuer malgré la récente catastrophe. Les chantiers autour du stade Vélodrome devraient s'achever en 2017.

Jérôme Quéré avec Audrey Alos, Mélanie Bontens et Anne-Sophie Warmont (vidéo)