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Ligne Grande Vitesse Paris/Nice : le débat

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Le maire de Marseille renouvelle son souhait de voir passer la future ligne Paris-Nice par sa métropole, Réseau Ferré de France tarde à se décider. Explications.

Par où passera la future Ligne Grande Vitesse Paris/Nice ? La question divise depuis plusieurs mois entrepreneurs, agriculteurs, habitants, écolos, Mairie, Conseil Général de la région marseillaise. Trois tracés sont à l'étude.
Deux contourneraient Marseille par le Nord, en filant vers Nice en rase campagne : l'un, dit « LGV Côte d'Azur » serait rapide (3h35), et l'autre, « LGV des solutions alternatives », régional.
Le dernier tracé, « LGV des métropoles du sud » passerait lui par Marseille et Toulon, reliant en un temps record (1h10), Marseille et Nice.

C'est évidemment ce dernier tracé qu'a choisi de soutenir hier jeudi 9 octobre le maire de Marseille. Jean-Claude Gaudin est sur ce point soutenu par les représentants du patronat et des syndicats des Bouches-du-Rhône. Motif : économiquement, Marseille et Toulon ne peuvent pas se passer de cette ligne. Rappelons qu'actuellement, pour se rendre à Nice en TGV, il faut passer par Marseille.

« A terme, on condamne les PME »
Pour Pierre Alari, président délégué de la CGPME 13 qui représente les petites et moyennes entreprises, il est vital que Marseille ne soit pas oublié dans ce tracé : « Ignorer que Marseille et Toulon sont les bassins économiques de la région et les ignorer dans le tracé de LGV, c'est une aberration totale. Cela veut dire qu'à terme on condamne les petites et moyennes entreprises qui n'ont pas toujours les mêmes moyens que les grands groupes pour se structurer en termes de communications. Or, on a nous aussi besoin d'améliorer la mobilité de nos collaborateurs, et ça passe aussi par des infrastructures de communication importante, que ce soit le TER, le métro, le bus... et surtout l'aéroport ! Condamner l'aéroport de Marseille-Provence par un tracé qui ne prend pas en compte cette inter-connectivité, c'est grave. »

« Arrêtons ce mépris parisien ! »
Jacques Pfister, président de la chambre de commerce et d'industrie Marseille-Provence, est lui aussi convaincu : « c'est vrai que la LGV servira demain de « TERGV », c'est-à-dire qu'il y aura une capacité d'aller travailler, quand on sera à Toulon, à Marseille, ou l'inverse, ou de Nice à Marseille, parce qu'on aura qu'un train à prendre, en plein centre ville. Et là, on se projette dans un futur de 20 ans qui sera totalement différent du "tout voiture" que nous avons aujourd'hui. Marseille ne peut pas se contenter d'avoir une gare en lointaine banlieue ; c'est du mépris parisien ! Il faut arrêter ça. »

La rédaction, avec Lionel Dian