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Leveaux dénonce la cocaïne dans le sport, pour se "transformer en guerrier"

Amaury Leveaux, ici aux championnats d'Europe de natation en 2012, affirme dans son livre que des nageurs français utilisent la cocaïne comme dopant.

Amaury Leveaux, ici aux championnats d'Europe de natation en 2012, affirme dans son livre que des nageurs français utilisent la cocaïne comme dopant. - Alain Jocard - AFP

Dans un livre autobiographique, l'ancien nageur Amaury Leveaux dévoile les coulisses de son sport et affirme que des sportifs prennent de la cocaïne pour augmenter leurs performances. Pour le docteur Jean-Pierre de Mondenard, médecin du sport, la cocaïne est bien un produit dopant, qui n'appartient pas qu'au monde de la nuit.

Richard Gasquet, Tom Boonen ou encore Martina Hingis ont déjà été contrôlés positifs à la cocaïne au cours de leur carrière. Or, ces sportifs seraient loin de faire figure d'exceptions dans la consommation de cette drogue.

Dans son livre Sexe, drogue et natation, à paraître mercredi, le champion olympique de natation Amaury Leveaux avoue avoir lui-même consommé de la cocaïne à plusieurs reprises, "comme produit dopant". Le nageur égratigne l'image de son sport et assure qu'il n'est pas le seul parmi les champions français à consommer de la cocaïne, à des fins de performance. "Certains d'entre nous ne crachent pas sur un petit rail de temps en temps", écrit-il. "Pour d'autres (…) c'est carrément une autoroute couverte de poudre blanche sur laquelle ils glissent à vitesse grand C, comme Cocaïne".

La cocaïne agit sur le mental

Lorsqu'ils sont pris, les sportifs se réfugient derrière l'aspect festif de la cocaïne. Pourtant, cette drogue est bien utilisée comme un produit dopant. "La cocaïne comme les drogues qui agissent sur le système nerveux central est un produit dopant", confirme Jean-Pierre de Mondenard, médecin du sport et auteur de plusieurs ouvrages sur le dopage, joint par BFMTV.com. "Prendre de la cocaïne donne un sentiment de puissance, on se sent Superman", ajoute le médecin. 

A la différence de l'EPO, une hormone utilisée pour améliorer l'endurance, la cocaïne agit sur le mental. Les sportifs tirent parti de cette illusion et de l'effet stimulant du produit pour pousser plus loin l'effort et accentuer les performances. "Souvent consommée dans un cadre festif, la poudre blanche l'est aussi dans un but de dopage car elle permet de repousser les limites et de se transformer en guerrier prêt à tous les combats", explique Amaury Leveaux dans son livre.

La cocaïne contrôlée seulement en compétition

Mais si comme le nageur le raconte, la cocaïne est fréquemment utilisée dans les vestiaires, en compétition assez peu de sportifs sont contrôlés positifs au produit. Le docteur de Mondenard l'explique par une "hypocrisie du milieu sportif". "Bien évidemment la cocaïne est interdite pendant les compétitions, mais elle n'est pas sanctionnée à l'entraînement. C'est une absurdité de la lutte anti-dopage", regrette-t-il.

Si elle reste répréhensible pénalement en toutes circonstances, la cocaïne, également reconnue comme produit dopant dans la loi française depuis 1966, serait donc utilisée entre les compétitions. "La cocaïne diminue le temps de réaction, joue sur l'effort, ce qui facilite l'entraînement", poursuit le médecin du sport. "Le jour de la compétition, même si le sportif n'est pas sous cocaïne, il va garder les réflexes qu'il a acquis lors de l'entraînement".

La plupart des sportifs qui prennent de la cocaïne réussissent donc à passer entre les mailles du contrôle anti-dopage. Après un délai d'élimination de deux ou trois jours, la drogue n'est plus détectée.

Carole Blanchard