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Les jurys populaires vont être étendus

Nicolas Sarkozy veut des jurés populaires dans les tribunaux correctionnels et aux côtés des juges de l'application des peines.

Nicolas Sarkozy veut des jurés populaires dans les tribunaux correctionnels et aux côtés des juges de l'application des peines. - -

Lors de son entretien télévisé hier mardi, Nicolas Sarkozy a annoncé que des jurys populaires accompagneront bientôt les juges de l'application des peines et les magistrats des tribunaux correctionnels. Les syndicats redoutent des problèmes d’organisation et de coût.

Lors de son entretien télévisé hier mardi, Nicolas Sarkozy a annoncé que des jurys populaires accompagneront bientôt les juges de l'application des peines et les magistrats des tribunaux correctionnels.

Les jurys populaires existent déjà aux côtés de magistrats professionnels, mais uniquement dans les cours d’assises, qui jugent les crimes. Mais pour le président de la République, l’objectif est de « rapprocher le peuple des magistrats » encore davantage.

Dans ce système, un jury de citoyens français désignés au hasard choisirait ou non de libérer un condamné, aux côtés du juge de l'application des peines. L'autre proposition est l'introduction de ces jurés dans les tribunaux correctionnels - comme dans les cours d'assises - pour qu'ils aident les magistrats à prendre leur décision.

En septembre dernier, le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux avait déjà émis l’idée, après la remise en liberté critiquée de l’un des braqueurs présumés du casino d’Uriage (Isère).

Accueil mitigé chez les magistrats

Benoist Hurel, secrétaire général adjoint du Syndicat de la Magistrature, est fermement opposé à la présence de citoyens dans les décisions de libération conditionnelle. « Cela ne se voit nulle part au monde. Pour être juge de l'application des peines, il faut une formation juridique de plusieurs années extrêmement sérieuse ».

En ce qui concerne les tribunaux correctionnels, sa position est plus nuancée. « Pourquoi pas ? Mais certainement pas dans une optique sécuritaire, pour que les jurés populaires condamnent plus fort » que les magistrats professionnels. « Pourquoi pas y réfléchir, mais ça demandera du temps et des moyens, et la justice française est déjà extrêmement engorgée ».