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Les dates choisies pour les prochaines journées de mobilisation anti-PMA suscitent l'indignation

Manifestation contre l'ouverture de la PMA à toutes les femmes à Paris, le 6 octobre 2019

Manifestation contre l'ouverture de la PMA à toutes les femmes à Paris, le 6 octobre 2019 - Lucas BARIOULET / AFP

Après la manifestation de ce dimanche, la Manif pour Tous a annoncé de nouvelles actions de mobilisation contre l'ouverture de la PMA à toutes les femmes les 1er décembre, 19 janvier, 8 mars, 17 mai et 14 juin prochains.

Après avoir rassemblé 75.000 personnes dans les rues de Paris dimanche, à l'occasion de la première marche d'envergure contre l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, la Manif pour Tous a appelé à de nouvelles journées de mobilisation les 1er décembre, 19 janvier, 8 mars, 17 mai et 14 juin prochains. Tout en précisant que ces dates seront confirmées "en fonction de l'attitude du gouvernement" sur la loi bioéthique.

Les partisans de la PMA pour toutes n'ont pas tardé à réagir à ce calendrier, soulignant que trois de ces cinq dates correspondaient à des journées de sensibilisation en faveur des droits des femmes et des homosexuels. Le 1er décembre est en effet célébrée la journée mondiale de lutte contre le Sida, le 8 mars la journée internationale des droits des femmes et le 17 mai, la journée internationale de lutte contre l'homophobie.

La Manif pour Tous se défend de toute provocation

"Ignorance, provocation ou mépris?", s'interroge Florence Thune, directrice générale du Sidaction, tandis que le Parti communiste dénonce sur Twitter une "misérable provocation". "Toujours plus haut toujours plus loin dans la honte absolue!", estime Act Up Sud-Ouest, association de lutte contre le Sida issue de la communauté homosexuelle, quand Urgence Homophobie s'insurge contre "un choix délibérément crasse et indigne".

Du côté de La Manif pour Tous, on évoque de malheureuses coïncidences. "Ces dates ont été choisies en fonction du calendrier parlementaire, des prochaines échéances électorales et des vacances scolaires", assure auprès de BFMTV.com Ludovine de la Rochère, présidente du mouvement, qui reconnaît toutefois qu'organiser une mobilisation contre la gestation pour autrui, qu'elle considère comme "un asservissement de la femme", lors de la journée internationale des droits des femmes "a du sens".

"Nous n'avons pas épluché toutes les journées internationales, il y en a beaucoup. La lutte contre le Sida est bien évidemment un sujet primordial et je suis infiniment désolée qu'il puisse y avoir une ambiguïté", confie Ludovine de la Rochère, qui n'écarte pas l'idée de modifier certaines de ces dates afin de ne pas attiser tout sentiment de provocation "blessant et de mauvais goût".
Mélanie Rostagnat