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Legrand : « On va devoir remettre des tentes »

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Augustin Legrand, fondateur de l’association Les Enfants de Don Quichotte, compte faire entendre sa voix cet hiver sur la question du logement.

« Un toit, c'est un droit » : c'est le slogan affiché sur le bus DALO, Droit au logement opposable, qui entame ce jeudi son tour de France. Première étape à Grenoble (Isère). Une initiative du Secours Catholique, de la fondation Abbé Pierre et des enfants de Don Quichotte.

Le bus va à la rencontre des mal-logés, pour les aider notamment à monter un dossier pour bénéficier de la Loi Dalo, effective depuis le 1er janvier. En septembre, 40 247 recours ont été enregistrés, alors que, selon les associations, 600 000 ménages seraient concernés en France.

D'autre part, les Enfants de Don Quichotte viennent d'installer plusieurs dizaines de tentes à Caen (Calvados). 38 SDF y ont pris place près de la gare. Les Don Quichotte se disent prêts à mener de nouvelles actions et à élargir le mouvement pour des actions qui concerneraient tous les mal-logés.

Augustin Legrand, fondateur de l'association, évoque le combat qu'il continue à mener : « On va être obligés de remettre des tentes. Et c'est terrible, parce que c'est un vrai souci de gouvernance. Comme on serait condamnés à mettre des tentes cet hiver à tout prix parce qu'il va faire froid. Il en meurt moins l'hiver qu'en été mais il faudrait à tout prix mettre des tentes cet hiver parce qu'il fait froid et que c'est Noël. Il va falloir encore repartir d'une manière spectaculaire sur le terrain ».

« Avec ce bus DALO, j'espère qu'on va être entendus par les pouvoirs publics. Mais si ce n'est pas le cas, on sera obligés de revenir. Si on revient, ça sera de la manière la plus simple, peut-être encore des tentes. Et puis on va essayer d'ouvrir ça aux citoyens ».

Outre les SDF, le problème du logement étudiant fait partie de ses priorités : « Les étudiants, ça fait combien de temps qu'ils sont dans la merde à cause du logement ? Combien de temps qu'ils ne peuvent pas sortir de chez papa et maman ou qu'ils sont obligés de travailler au MacDo pour payer leurs études et leur logement en même temps ? C'est complètement contre-productif. Il y a combien de manques en logement social étudiant ? Qu'est-ce qu'il faut dire encore pour que les choses changent ? »

Interrogé sur la possibilité d'un coup de force cet hiver, Augustin Legrand ne se fait pas d'illusion : « Si on fait le « Grand Soir », qu'on met 20 000 tentes dans les rues, peut-être que ça va partir en vrille, peut-être qu'il y aura de la répression, peut-être que ça sera instrumentalisé par les pouvoirs publics pour dire "Ah bah regardez comme...". Si ça se trouve, il ne se passera rien ».

La rédaction et Véronique Verdin