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Le philosophe André Glucksmann est mort

Son fils Raphaël a annoncé sa mort sur le réseau social Facebook. Engagé dans le courant des "nouveaux philosophes" il était en rupture avec le marxisme des années 70.

Le philosophe André Glucksmann est mort dans la nuit du 9 au 10 novembre, selon Le Monde. Il avait 78 ans. Sur Facebook, son fils Raphaël évoque la perte de son "premier et meilleur ami". "J'ai eu la chance incroyable de le connaître, de rire, de débattre, de m'engueuler, de voyager, de jouer, de tout faire et ne rien faire du tout avec un homme aussi bon et aussi génial. Voilà, mon père est mort hier soir", écrit-il.

Agrégé de philosophie, normalien, André Glucksmann avait participé aux événements de mai 68 avant de rompre avec le marxisme dans les années 70 et d'être associé au courant des Nouveaux philosophes. Assistant de Raymond Aron, l'un des rares philosophes de centre droit de l'époque, il se passionne pour la géopolitique et la thématique de la dissuasion nucléaire. Le discours de la guerre est publié en 1967 (L'Herne).

Défenseur des droits de l'Homme et interventionniste

Philosophe antitotalitaire après avoir été proche des "maos" français, André Glucksmann, né le 19 juin 1937, avait rompu spectaculairement avec le marxisme en 1975 en publiant La cuisinière et le mangeur d'hommes.

Il a fait partie, avec Bernard-Henri Lévy, de ce qu'on appellera "les nouveaux philosophes". A la fin des années 1970, il réussit notamment à réunir l'intellectuel de gauche Jean-Paul Sartre et l'intellectuel libéral Raymond Aron pour faire cause commune en faveur des "boat people" quittant le Vietnam communiste.

Il prendra toujours fait et cause contre toutes les formes de totalitarisme. Il a soutenu notamment l'intervention contre la Serbie au moment de la guerre du Kosovo en 1999. Se revendiquant toujours de gauche, il n'hésite cependant pas à soutenir Nicolas Sarkozy lors de la présidentielle de 2007. Dans "Une rage d'enfant" (Plon, 2006), il racontait avoir toujours été indigné par "les misères du monde". "C'est un vrai esprit critique en même temps qu'une conscience qui disparaît" a souligné sur Europe 1 le ministre de l'Economie Emmanuel Macron. "Il a fait partie de ces philosophes courageux qui se sont engagés dans la vie de la cité, dans ce combat, et qui ont éclairé très tôt".

la rédaction et AFP