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Le meilleur miel de France fabriqué sur les toits de Paris

En plein cœur de Paris, sur les toits de l'Opéra Garnier, cinq ruches d'abeilles profitent tout au long de l'année de conditions exceptionnelles. La capitale est une source inépuisable de nectar, préservé des pesticides. Et tout le monde s'y laisse prendre, même le chef étoilé Jérôme Banctel.

A Paris, les toits de zinc ou d'ardoise cachent des habitantes insoupçonnées: des colonies d'abeilles. On ne compte plus les monuments parisiens qui accueillent des ruches. Muséum d'Histoire naturelle, Assemblée nationale, Notre-Dame-de-Paris… sans oublier l'Opéra Garnier, avec son fameux "Miel de l'Opéra".

Si l'Opéra Garnier est connu pour abriter ses petits rats, il est aussi le nid douillet de nombreuses abeilles. Cinq ruches profitent toute l'année de conditions exceptionnelles. Des ressources quasi-illimitées en nectar grâce aux nombreux arbres de Paris, un enchaînement des floraisons. Mais surtout, un environnement préservé de pesticides. Une façon d'enrayer l'hécatombe qui touche le monde apicole: 30% des abeilles disparaissent chaque année en France, avec 15.000 apiculteurs sur le carreau depuis 10 ans.

Le miel de Paris sacré par la science 

Céline Ducruix est une scientifique spécialisée dans les pesticides au laboratoire Profilomic. Elle a analysé un peu de ce miel. Selon elle, sur 76 polluants répertoriés, seuls deux seraient présents dans le miel de l'Opéra. Bien loin des 35 qui étaient ressortis lors une analyse réalisée par 60 millions de consommateurs.

"On retrouve un insecticide qui est utilisé par les apiculteurs pour lutter contre un parasite qui détruit les larves des colonies des abeilles. Il y a aussi un pesticide qui peut être utilisé pour l'entretien des gazons. Mais ce sont des concentrations très faibles de l'ordre d'un sucre dans une piscine olympique", a expliqué cette spécialiste.

Les polluants en moins, le goût en plus

Non content de répondre aux standards du bio, ce miel de ville devrait également réjouir vos papilles. Jérôme Blanctel, le chef étoilé du restaurant "La réserve" à Paris s'est laissé séduire. "Je retrouve le côté tilleul et le côté fraîcheur. C'est très agréable", a-t-il indiqué. Pour lui cette touche fleurie se marierait très bien avec une viande blanche, à mariner puis à caraméliser avec du beurre, avant d'y ajouter un peu de rhubarbe pour compenser le sucre par un peu d'acidité.

Les colonies d'ouvrières continuent à œuvrer en milieu urbain. Leur travail de pollinisation favorise la biodiversité. A Paris, dans les quelques 300 ruches existantes, elles produisent pas moins de sept tonnes de miel par an, bien que seule une partie de la production soit mise en vente. Ce nectar qui s'achète à prix d'or, celui de l'Opéra est vendu à 15 euros les 125 grammes et n'a aucun mal à écouler les 1.200 pots annuels.

M.-C M. avec Jean-Rémi Baudot, Amélie Pateyron et Marion Ruaud