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Le déconfinement maintenu ou reporté? Pourquoi le jeudi 7 mai s'annonce crucial

Alors que le déconfinement doit en principe débuter dans une semaine, la date du 11 mai ne pourra être confirmée que jeudi prochain au cours d'un point sanitaire qui reviendra sur l'évolution de la situation épidémiologique.

"La date de levée du confinement pourrait être remise en question." Cette déclaration d'Olivier Véran dans les colonnes du Parisien se veut pour le moins prudente, à une semaine du déconfinement tant souhaité par certains, source d'angoisses pour d'autres. Elle est en tout cas le signe que la situation sanitaire du pays reste préoccupante, malgré plus d'un mois et demi et mesures hors-normes pour lutter contre la pandémie de coronavirus qui a déjà coûté la vie à au moins 24.760 personnes.

"Les dernières modélisations des scientifiques laissent penser que le confinement pourra être progressivement levé comme prévu le 11 mai", précise toutefois le ministre de la Santé qui rappelle que cette étape "dépend du respect, jusqu'au dernier moment, du confinement. Nous ne prendrons aucun risque avec la santé des Français."

"Si le confinement est bien respecté jusqu'au bout, le couvercle aura été mis sur la casserole de l'épidémie, et nous pourrons déconfiner progressivement dans les meilleures conditions", justifie encore Olivier Véran.

Un faible taux de reproduction du virus grâce au confinement

Christophe Castaner a quant à lui de nouveau souligné ce dimanche au Grand Jury Le Figaro-RTL-LCI que la date du 11 mai était l'objectif fixé par le gouvernement. Bien qu'observant "plus de monde dans les rues", le ministre de l'Intérieur a fait savoir que les forces de l'ordre n'avaient pas dressé davantage de verbalisations ces derniers jours.

Un relâchement constaté et qui se reflète dans l'indicateur R0. Ce chiffre, qui permet d’évaluer le nombre de personnes pouvant être infectées pour chaque malade, était entre 2 et 3 sans le respect des gestes barrières et avant le début du confinement.

Passé à 0,5 après la mise en place des mesures sanitaires le 17 mars, il est passé à 0,6, signe que les Français respectent moins le confinement. Une situation également relevée par une enquête d'opinion élaborée par Datacovid et Ipsos bien que le risque transmission du virus est actuellement faible. 

Suivi des capacités hospitalières

Autre indicateur essentiel: les capacités hospitalières en réanimation. Depuis jeudi sont publiées des cartes présentant les départements en vert, orange et rouge en fonction de la circulation du virus et de la tension sur les capacités en services hospitaliers de réanimation.

Si les évolutions constatées depuis deux jours vont dans le bon sens, Olivier Véran a néanmoins expliqué jeudi soir sur TF1 qu'elles ne changeaient "absolument rien au confinement qui reste nécessaire jusqu'au 11 mai".

"Il ne faut pas que les Français qui se voient vivre dans un département qui apparaît en vert ce soir considèrent qu'ils pourraient sortir ou prendre des risques", prévenait alors le ministre de la Santé.

Des chiffres récents qui donnent de l'espoir

Mardi, le Premier ministre Edouard Philippe, devant l'Assemblée nationalen évoquait par ailleurs un seuil de 3000 cas supplémentaires par jour pour le maintien de cette date.

"S'il apparaissait que le nombre de nouveaux cas journaliers n’était pas dans la fourchette prévue, que nous ne parvenions pas à casser les trop nombreuses chaînes de contamination, alors nous devrons en tirer les conséquences", expliquait alors Edouard Philippe, rappelant que "si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous, nous ne déconfinerons pas le 11 mai, ou nous le ferons plus strictement."

Selon les derniers chiffres communiqués samedi soir par la direction générale de la Santé, 166 morts supplémentaires ont été recensés en 24 heures, portant le bilan global à 24.760 décès depuis le début de la pandémie. 25.827 personnes sont toujours hospitalisées pour une infection de Covid-19 sur l'ensemble du territoire dont 3827 en réanimation. 794 nouveaux cas ont par ailleurs été confirmés en 24 heures. 

De la même manière, l'approvisionnement suffisant en masques, les capacités d'effectuer 700.000 tests par semaine, et la préparation des brigades sanitaires d'ici la fin de semaine prochaine seront des critères essentiels pour la levée du confinement. 

Le 13 avril dernier, Emmanuel Macron avait prévenu que la date du 11 mai pour le début du déconfinement "ne sera possible que si nous continuons d'être civiques, responsables, de respecter les règles et que si la propagation du virus a effectivement continué à ralentir". Rendez-vous jeudi prochain pour savoir si l'objectif sera atteint. 

Hugues Garnier