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Société

La solitude augmente le risque de mourir plus tôt, selon des études

Une femme à Mexico. (Photo d'illustration)

Une femme à Mexico. (Photo d'illustration) - YURI CORTEZ / AFP

D'après deux synthèses, regroupant de nombreuses études, présentées la semaine dernière par une universitaire américaine, l'isolement peut augmenter de 50% le risque de connaître une fin précoce.

Dire que l'isolement dégrade profondément la qualité de vie est une évidence admise par tous. Il apparaît aujourd'hui qu'il accroît même le risque de mourir précocement. Selon plusieurs études, comme s'en fait l'écho le site Quartz, les probabilités pour qu'une personne isolée meure d'une mort prématurée sont 50% plus importantes que dans le cas d'un individu bien inséré socialement.

Julianne Holt-Lunstad, professeur de psychologie à l'université Brigham Young dans l'Utah, a fait ces révélations la semaine dernière devant l'Association psychologique américaine, en divulguant les conclusions de deux synthèses. La première, qui combine 148 études pour 300.000 participants au total, a établi qu'une bonne interaction sociale réduisait de 50% les risques de mort prématurée. La seconde, regroupant cette fois-ci 70 enquêtes et 3,4 millions d'interlocuteurs répartis en Europe, en Asie, en Australie et aux Etats-Unis, a démontré que la solitude élevait ces risques autant que l'obésité. 

Une "solitude épidémique"

Cette vulnérabilité dans l'isolement est avant tout le problème des pays riches. Ce sont en effet les Etats les mieux lotis qui concentrent le plus souvent les facteurs décisifs à la racine de ce que Julianne Holt-Lunstad n'hésite pas à appeler une "solitude épidémique": espérance de vie plus longue, baisse du nombre de mariages, augmentation de celui des divorces et du nombre de personnes vivant seules.

L'experte a esquissé quelques pistes de réflexions pour enrayer ce phénomène grandissant. Elle préconise de préparer sa retraite non seulement financièrement mais aussi socialement et suggère aux urbanistes de ménager des espaces sociaux au sein des localités, comme des parcs par exemple, favorisant les rencontres et les relations.

Robin Verner