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La mendicité interdite aux abords de la gare du Nord

Depuis un mois, un arrêté de la préfecture de police interdit la mendicité aux abords de la gare du nord. Il vise notamment à protéger les mineurs, parfois envoyés faire la manche par des réseaux.

De 7 heures à 22 heures, il est désormais interdit de mendier autour de la gare du Nord, dans le 10e arrondissement de Paris. Un arrêté préfectoral pris il y a un mois, face à une situation dénoncée par des associations de riverains. Ils décriaient notamment la présence de mineurs, envoyés faire la manche par des adultes. 

"Il s'agit d'une exploitation mafieuse qui tend à racketter les gens à base de fausse pétition, chose qu'on connaît depuis pas mal de temps", explique Michel Champon, président de l'association Vivre gare du Nord et Est. 

Mais malgré l'interdiction en vigueur jusqu'au 15 mars prochain, dans les faits la mendicité continue. Devant la gare, des jeunes filles accostent justement des voyageurs, pétition à la main et réclament quelques pièces de monnaie. A l'approche de la police, les adolescentes prennent la fuite et se remettent en place après leur passage.

Une amende de 38 euros encourue

Des patrouilles mobiles sont ainsi chargées de faire respecter l'arrêté et dressent des procès verbaux avec une verbalisation à hauteur de 38 euros. Ce jour-là, devant notre équipe sur place, une femme est prise en flagrant délit de mendicité et verbalisée par la police, avant de retourner faire la manche. Une efficacité relative de l'arrêté que reconnaît l'association de riverains, qui espère toutefois qu'à terme, la mesure aura un effet.

"Le fait de dresser des procès verbaux n'est évidemment pas suffisant mais en tout cas c'est un début et nous pensons que l'action doit s'installer dans la durée et avoir une vocation pédagogique", poursuit Michel Champon.

Le président de l'association évoque ainsi des actions sociales "pour que ces enfants ne soient pas laissés aux mains de personnes qui se disent être leurs parents et qui les traitent très mal". Régulièrement, les arrêtés anti-mendicité sont décriés par les associations d'accueil et de réinsertion sociale. Des arrêtés parfois annulés par la justice qui exige que l'arrêté réponde à des nécessités d'ordre public.

C. B avec William Helle