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La mairie de Paris diffuse un "guide" pour la distribution alimentaire auprès des démunis

Les bénévoles effectuaient une maraude lorsqu'ils ont été agressés. Photo d'illustration

Les bénévoles effectuaient une maraude lorsqu'ils ont été agressés. Photo d'illustration - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Le guide destiné aux associations qui distribuent de la nourriture aux démunis, en grande partie des migrants, comporte quatre règles: une sur l'hygiène avec le respect de la chaîne du froid, la "sécurité", "la sécurité routière" et la "propreté de l'espace public".

Respect des règles d'hygiène, de sécurité, de propreté, verbalisation... La mairie de Paris va diffuser aux associations "un guide" pour la distribution alimentaire, une mesure critiquée par un collectif y voyant un processus de "criminalisation des gens qui aident".

Le guide destiné aux associations qui distribuent de la nourriture aux démunis, en grande partie des migrants, comporte quatre règles: une sur l'hygiène avec le respect de la chaîne du froid, la "sécurité", "la sécurité routière" et la "propreté de l'espace public".

"Un processus de criminalisation" dénonce les associations

Depuis quelques années, de nombreux collectifs de citoyens se sont engagés dans la distribution alimentaire pour les migrants, "sans avoir les codes et ne respectant pas des règles de sécurité", explique la mairie de Paris, qui déclare diffuser ce guide "pour que tout se passe bien sur l'espace public". Le non-respect de ces principes "peut entraîner une verbalisation des intervenants", est-il écrit dans le guide, que l'AFP a pu consulter.

"C'est ridicule, on assiste à un processus de criminalisation des gens qui aident, on veut en faire des délinquants", dénonce Philippe Caro, président du collectif Solidarité migrants Wilson, qui distribue des petits-déjeuners aux migrants Porte de la Chapelle depuis plusieurs années. "Comment voulez-vous qu'on respecte la chaîne du froid ? C'est impossible pour nous et pour les plus petits collectifs d'acheter et de ramener des frigos sur place", déplore-t-il.

"La police va s'en servir pour nous verbaliser", ajoute le président du collectif qui dénonce une augmentation des contrôles de la préfecture de police depuis plusieurs semaines.

"Une médiation" selon la mairie de Paris

Pour la mairie de Paris, qui assure "discuter sereinement" avec les associations, il s'agit uniquement "de médiation": "L'objectif c'est qu'à la fin toutes les personnes, qui veulent aider, aident" mais la "distribution ne peut pas se faire à même la route car cela peut être dangereux".

De son côté, la Fondation de l'Armée du Salut, qui gère la distribution de petits-déjeuners Porte de la Chapelle pour les migrants, se dit "favorable" à ce guide même si ce "n'était pas essentiel", selon Samuel Coppens, directeur des relations publiques.

Selon la préfecture, 800 à 900 personnes, dont des dizaines de familles, vivent dans les campements à Paris. Le chiffre s'élève à 1.000 personnes selon la mairie de Paris qui dénombre plus de 4 millions de repas distribués chaque année pour les "démunis" dont les migrants.

Cyrielle Cabot avec AFP