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La fusion des régions, avis mitigés en Normandie

Au Havre, en Seine-Maritime, région Haute-Normandie, le député-maire UMP milite pour l'unification.

Au Havre, en Seine-Maritime, région Haute-Normandie, le député-maire UMP milite pour l'unification. - -

En conférence de presse mardi, François Hollande a abordé l'idée du diminution du nombre de régions. Une fusion des deux Normandies pourrait être envisagée. Mais elle divise les élus locaux.

En cours de conférence de presse mardi, une annonce de François Hollande a surpris. Le président s'est implicitement prononcé pour une réduction du nombre des régions, actuellement 22 en métropole et quatre en outre-mer. Avec deux régions et seulement six départements, les deux Normandies (Basse et Haute) feraient partie des concernées.

Moins de région, mais plus de pouvoirs: le sujet s'est déjà posé. En 2009, sous Nicolas Sarkozy, le rapport Balladur évoquait notamment la fusion des Normandies. Et en septembre dernier, le rapport Krattinger-Raffarin, du nom des sénateurs socialiste Yves Krattinger et UMP Jean-Pierre Raffarin, recommandait de ramener de huit à dix le nombre de régions.

"Une histoire commune, des intérêts communs"

Aussi, dans les deux Normandies, on connaît le débat. "Il faut regarder l'avantage que ça peut donner en termes de moyens et de compétence", souligne Laurent Beauvais, le président socialiste de la région Basse-Normandie. L'élu se prononce pour. "La priorité c'est l'emploi, c'est l'économie", avance-t-il.

"Ce sont deux petites régions qui ont une histoire commune et des intérêts communs", renchérit Edouard Philippe, le député-maire UMP du Havre. "Si elles étaient pensées par un seul conseiller régional plutôt que par deux, ce serait beaucoup plus facile."

Mais s'il dépasse les clivages partisans et régionaux, le projet de fusion ne fait néanmoins pas l'unanimité. Le président socialiste de Haute-Normandie, Nicolas Mayer Rossignol, attend des garanties. "Un éventuel rapprochement institutionnel entre les deux Régions normandes supposerait que quelques conditions de bon sens soient remplies: il ne devrait pas conduire à une augmentation d'impôts ni à une réduction des services publics dans les territoires; les citoyens devraient être consultés par référendum; et naturellement, la capitale ne pourrait être que Rouen, seule métropole du Nord-Ouest de la France entre Lille et Rennes", a-t-il expliqué à BFMTV.

"Chacun chez soi, non?"

Les habitants, également, sont mitigés. A Caen, en Basse-Normandie, certains penchent plus pour le "Chacun chez soi, non?" ou estiment à l'inverse que "ça ferait la cinquième région de France, ce serait plus intéressant". Reste à savoir qui des deux capitales régionales, Caen et Rouen, deviendrait celle de la "Grande Normandie" - et là encore, le sujet est sensible.

M. T. avec Julien Migaud-Muller et Guillaume Garet