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La France se penche sur la question d'un migrant admis à Sciences Po mais bloqué en Grèce

La façade de Sciences Po Paris

La façade de Sciences Po Paris - Franck Fife

Un jeune migrant guinéen a été admis à Sciences Po Paris mais il est bloqué en Grèce le temps de l'examen de sa demande d'asile. Une procédure retardée en raison de l'épidémie de coronavirus.

L'ambassade de France à Athènes s'est saisie de la question d'un jeune migrant guinéen admis à Sciences Po bloqué en Grèce, pour qu'il puisse étudier dans cet établissement prestigieux à Paris, a apprisl'AFP ce lundi de source diplomatique à Athènes.

L'ambassade de France à Athènes "travaille à une solution avec le gouvernement grec", a indiqué à l'AFP cette source. Amadou Diallo, 20 ans, a été admis à l'Institut d'Etudes politiques de Paris (Sciences Po) sur dossier, puis après avoir passé un entretien en visioconférence. Mais l'examen de sa demande d'asile a été retardé par l'épidémie de coronavirus et pourrait l'empêcher de se rendre en France.

"Je suis bloqué en Grèce, à la porte de mes rêves"

"Je suis bloqué ici, en Grèce, à la porte de mes rêves", a raconté la semaine dernière le jeune homme originaire de Guinée au journal Le Monde.

Selon son avocate, Anna-Maria Kountouri, "Amadou pourrait se rendre en France avec un laissez-passer délivré par l'ambassade de France à Athènes ou bien attendre d'obtenir son asile en Grèce et ensuite voyager avec son passeport". "Mais cette deuxième solution prendrait évidemment plus de temps", a-t-elle précisé à l'AFP.

Arrivé en octobre 2016 sur l'île grecque de Lesbos proche des côtes turques, le jeune homme, qui a perdu ses parents encore enfant, a fui son pays où il se sentait persécuté.

L'adolescent parvient ensuite à échapper aux conditions effroyables du camp de Moria à Lesbos en se cachant dans un ferry pour Athènes. Un temps sans abri, Amadou fait la rencontre des membres de l'ONG Home project, qui lui permettent de se reconstruire.

"La France est prête à l'accueillir!"

Grâce à un travail dans un hôtel l'été et au soutien de l'ONG, il intègre le lycée franco-hellénique Eugène Delacroix à Athènes. Son attrait pour les relations internationales le pousse à postuler à Sciences Po où il sera admis.

Mais l'avenir du jeune Guinéen est suspendu au jugement de la cour d'appel d'Athènes, réunie le 8 juillet pour statuer sur sa demande d'asile. Son audience a de nouveau été reportée au 30 septembre.

Sur les réseaux sociaux, en particulier en France, son histoire a été vivement commentée et a suscité l'émotion. La ministre française déléguée à la citoyenneté Marlène Schiappa a réagi sur Twitter: "Ce jeune homme de talent, réfugié, admis à Sciences Po en France, est actuellement bloqué en Grèce", a-t-elle écrit samedi.

"Le ministère français de l'Intérieur est mobilisé en lien avec la diplomatie française et les autorités grecques, dans le but de trouver une solution: la France est prête à l'accueillir !", a-t-elle ajouté.

Amadou a confié à l'AFP être "très ému" de ces réactions positives. Une pétition a également été lancée par des élèves de Sciences Po demandant au gouvernement français de faire en sorte qu'Amadou puisse arriver en France sur le campus de Sciences Po pour la rentrée prévue le 15 septembre. En quelques heures, plus de 1800 personnes l'avaient signée.

Jeanne Bulant avec AFP Journaliste BFMTV