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La droite s'emporte contre la désignation d'Harlem Désir

L'opposition de droite a tiré à boulets rouges mercredi sur la désignation par Martine Aubry d'Harlem Désir pour lui succéder au poste de premier secrétaire du PS, dénonçant l'opacité de la décision, la personnalité même de l'actuel numéro 2 du parti et l

L'opposition de droite a tiré à boulets rouges mercredi sur la désignation par Martine Aubry d'Harlem Désir pour lui succéder au poste de premier secrétaire du PS, dénonçant l'opacité de la décision, la personnalité même de l'actuel numéro 2 du parti et l - -

PARIS (Reuters) - L'opposition de droite a tiré à boulets rouges mercredi sur la désignation par Martine Aubry d'Harlem Désir pour lui succéder,...

PARIS (Reuters) - L'opposition de droite a tiré à boulets rouges mercredi sur la désignation par Martine Aubry d'Harlem Désir pour lui succéder, dénonçant l'opacité de la décision, la personnalité même de l'actuel numéro 2 du PS et l'absence de parité.

La première secrétaire du Parti socialiste et le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui présentent une motion commune, proposeront Harlem Désir, secondé par Guillaume Bachelay, proche de Martine Aubry, au vote des militants en octobre.

Mais quatre mois après l'élection de François Hollande, le scrutin auquel peuvent participer 175.000 adhérents ne devrait être qu'une formalité, ce qui fait dire à des politologues qu'après l'avancée des primaires pour la présidentielle l'an dernier, le PS fait "un grand pas en arrière".

Harlem Désir "sera un très bon successeur autrement on ne l'aurait pas choisi. Mais les militants doivent décider, donc attendez le vote", a déclaré Martine Aubry mercredi matin à des journalistes, à son arrivée au siège du Parti.

Mais au sein même du PS, quelques voix se sont élevées contre le processus de désignation.

"A quoi cela sert de voter si tout est déjà prévu à l'avance, si l'équipe de direction est déjà choisie?", a déploré sur LCI le député PS Gaëtan Gorce, qui présente une motion contre celle de la direction.

"Désormais, la démocratie à gauche s'organise dans le bureau du président de la République française", a dénoncé a droite le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé.

"Nous avons, nous, des procédures démocratiques", a-t-il ajouté lors de son point de presse hebdomadaire, tout en souhaitant à Harlem Désir des "voeux républicains de succès. "

"A l'heure où nous faisons un grand exercice démocratique le PS choisit les méthodes de l'ancien régime pour désigner son chef", a renchéri Valérie Rosso-Debord, secrétaire nationale de l'UMP, sur son compte Twitter.

"Je m'imagine dans la peau d'un militant socialiste qui écoute ce matin les chaînes de radio et de télévision et à qui on dit "le prochain secrétaire s'appelle Harlem Désir. Il se dit 'à quoi je sers?'", a déploré le secrétaire général adjoint de l'UMP, Marc-Philippe Daubresse.

Le député UMP Gérald Darmanin ironise sur le fait qu'Harlem Désir "signe le premier contrat d'avenir bientôt mis en place par les socialistes, c'est-à-dire un emploi précaire et sans débouché futur".

Il revient surtout sur la condamnation du futur premier secrétaire à 18 mois de prison avec sursis pour recel d'abus de biens sociaux en décembre 1998.

ABSENCE DE PARITÉ ?

"Après le Congrès de Reims, où de graves soupçons de fraudes sont venus ternir sa légitimité de première secrétaire, voici qu'elle vient, dans la pure tradition des républiques socialistes, de désigner Harlem Désir, condamné par la justice en 1998, comme son successeur", écrit-il dans un communiqué.

L'ancienne ministre UMP Valérie Pécresse relève sur Twitter l'absence de parité dans la future équipe dirigeante, qui serait conduite selon certains médias par trois hommes.

La direction du PS a toutefois démenti le choix d'Olivier Faure, proche de Jean-Marc Ayrault, comme futur porte-parole du PS, soulignant que David Assouline restait à son poste.

Le Front national n'a pas été en reste contre le cofondateur de SOS Racisme, tweetant: "Désir ou l'idéologie antiraciste aux commandes du premier parti de France.

Pour son secrétaire général, Steeve Briois, la désignation de Harlem Désir montre "la volonté du PS de se couper encore un peu plus du peuple français, en nommant une pointure du communautarisme et de l'immigrationnisme le plus virulent."

Marion Maréchal-Le Pen, l'un des deux députés FN élus en juin, dénonce elle aussi "l'idéologie antiraciste aux commandes du premier parti de France".

Gérard Bon, édité par Patrick Vignal