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L214 alerte sur l'abattage des anciens chevaux de course avec une nouvelle vidéo

Trois millions d'animaux sont abattus chaque jour.

Trois millions d'animaux sont abattus chaque jour. - Capture d'écran L214

Pour sa onzième enquête, l'association qui milite pour le bien-être animal s'est penchée sur les conditions d'abattage des chevaux dans un établissement spécialisé du Jura. L214 soulève la question de l'éthique animale.

"Peut-on tuer avec respect un animal qui ne veut pas mourir?" Le débat est lancé par l’association L214 avec sa onzième enquête sur les abattoirs. De nouvelles images, filmées entre les mois d’août et novembre dans un abattoir du Jura, à Equevillon, et diffusées par Konbini news, affichent les dernières heures de chevaux de trait pour la viande et d’ancien équidés de course. Des scènes "choquantes", selon les mots de l’association, montrent les chevaux couverts de blessures à vif, étourdis à coups de bâtons électriques avant d’être abattus et pendus par le sabot pour être saignés.

Et pourtant, ces pratiques sont conformes à la réglementation du 24 septembre 2009 sur "la protection des animaux au moment de leur mise à mort". Par ailleurs, l’établissement respecte une "cadence d’abattage modérée". Ainsi, L214 souligne que "la question de la conformité à la réglementation n’est pas le cœur du problème. C’est la question même de tuer les animaux et la violence qui en découle qui est choquante".

2400 animaux abattus à la minute

En France, plus de trois millions d’animaux sont abattus chaque jour, soit 2400 animaux à la minute. Concernant le cas particulier des chevaux, ils sont 13.000 à avoir été abattus en 2016 et plus de la moitié d’entre eux étaient des équidés de course réformés – jeunes chevaux non sélectionnés, blessés ou en fin de carrière. Cela alors que France Galop et Le Trot, des fédérations de courses, ont ratifié une charte qui les engage à "assurer, tout au long de la vie des chevaux, les soins nécessaires, leur mort devant advenir dans des conditions décentes lorsqu’il n’existe pas de thérapies efficaces ou économiquement supportables", rapporte L214.

"La meilleure volonté et les meilleures réglementations du monde ne pourront jamais pallier la grave injustice que représente la production massive de viande, dont la consommation n’est pourtant pas indispensable sur le plan nutritionnel. Il est plus que temps de se donner des objectifs concrets pour limiter au maximum le nombre d’animaux tués dans les abattoirs. Nous devons sortir de l’ère des abattoirs", commente Sébastien Arsac, directeur des enquêtes de L214, sur le site Internet de l’association.

L’association de défense de l’éthique animale demande au président de la République la mise en œuvre d’une politique "volontariste et ambitieuse afin de réduire d’au moins 25% d’ici 2025 le nombre d’animaux tués dans les abattoirs français".

Ambre Lepoivre