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Jouets: une charte signée pour lutter contre les stéréotypes de genre

Un magasin de jouets.

Un magasin de jouets. - Denis Charlet- AFP

À trois mois de Noël, une charte est signée par des acteurs du secteur des jouets pour lutter contre la séparation des univers filles-garçons dans les catalogues, sur Internet, et dans les magasins.

Tout est parti d’un constat: les carrières scientifiques ne sont pas assez féminisées. Les femmes représentent moins d’un salarié sur trois (29%) dans l’industrie et cette proportion n’a pas progressé depuis trente ans.

Pour inverser la tendance, "il faut s’attaquer à l’origine du phénomène, aux représentations qui existent des l’enfance", estime Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministère de l’Economie et des Finances. "Il existe encore trop de segmentation par genre dans le secteur des jouets", poursuit-elle.

La photographie d’une petite fille qui cuisine sur un fond rose, celle d’un garçon sur l’emballage d’un microscope... Des images qui contribuent selon les secrétaires d’Etat à l’Economie et à la Petite enfance, à entretenir des préjugés qui peuvent avoir des répercussions à plus long terme.

Ces stéréotypes peuvent "avoir pour effet d’exclure les filles des jouets à dominante scientifique et de les cantonner à des univers domestiques, ce qui ne favorise pas leur identification aux études ou aux carrières scientifiques", explique Agnès Pannier-Runacher.

Un document qui recense les bonnes pratiques

Avec Adrien Taquet, elle a donc invité les fabricants, distributeurs de jouets, ainsi que les annonceurs et des associations à signer une charte pour "une représentation mixte des jouets". Il s’agit concrètement d’un document qui recense les bonnes pratiques à chaque étape : création, publication, distribution et communication.

Parmi les engagements, la charte mentionne notamment le "développement des références (jouets, déguisements) à la technique et à la technologie pour les filles et réciproquement des références aux sujets domestiques et aux soins dans les univers ciblés des garçons".

Les notices et les descriptions sont également visées : "exemple : préférer les formulations 'pour faire comme les grands' à '"pour faire comme maman' dans le cas d’un kit de ménage".

"Nous allons nous engager à privilégier les fonds neutres ou mixtes", explique Christophe Salmon, secrétaire général de la Fédération française des industries du jouet-puériculture. Au-delà de la présentation, les jouets eux-mêmes pourraient aussi impactés. "On pourrait par exemple, penser à des Barbie astronautes", ajoute celui qui est aussi le directeur général de Mattel France. 

Les signataires de la charte ont prévu de se revoir en mars prochain pour faire un point d’étape sur leurs engagements.

Margaux de Frouville