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"Je ne veux pas changer ma vie": quatre ans après le 13-Novembre, la reconstruction des rescapés

Deux rescapés des tueries perpétrées à Paris témoignent de la difficulté à se reconstruire après cette soirée, où 131 personnes sont mortes et 413 ont été blessées.

Quatre ans après, des blessures toujours vives. Aujourd'hui, la vie a repris son cours dans les lieux autrefois ciblés par les terroristes le 13 novembre 2015. Mais pour les rescapés, blessés ou non à l'époque, le traumatisme reste bien présent et la reconstruction n'est pas toujours acquise. Notamment pour les personnes qui étaient présentes au Bataclan.

"Je suis né deux fois", estime Thierry, quatre ans après le concert d'Eagles of Death Metal. Malgré le temps qui s'est écoulé, l'homme dort peu, mais refuse de s'arrêter de vivre. Il est retourné plusieurs fois voir des concerts au Bataclan.

"Je ne veux pas qu'ils gagnent ces mecs-là, j'en ai rien à faire, moi je ne veux pas changer ma vie. Je veux retourner voir des concerts, m'amuser avec des amis, boire une bière, écouter du rock'n'roll", explique-t-il sur BFMTV.

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Cédric Rizzo est également un rescapé du Bataclan. Mais aujourd'hui encore, les mots lui manquent pour évoquer ce soir de novembre 2015.

"Personnellement, je n'arrive toujours pas à accepter ce qui s'est passé et ça paraît toujours irréel par moment. On se dit c'est tellement énorme et tellement impensable que... Mais bon, on vit avec", témoigne-t-il.

Pour se reconstruire, Cédric mise sur la musique. Quatre jours après l'attaque, il était déjà en train de faire la fête dans une autre salle de concert. Mais le Bataclan est gravé dans sa mémoire, et aussi sur sa peau. Un tatouage pour lui rappeler qu'il s'agissait du 799e concert auquel il assistait. À l'heure nous le rencontrions, le musicien se rendait ensuite à son 1187e. Sa passion pour la musique continue, et sa vie avec.

Antoine Corver avec Clarisse Martin