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Ils ont fait l'événement - Sandra Muller, créatrice de "Balance Ton Porc": dénoncer "pour faire progresser"

Salhia Brakhlia revient sur l’actualité de l'année avec ceux qui l’ont faite. Aujourd’hui, elle rencontre Sandra Muller, la journaliste à l’initiative du hashtag #BalanceTonPorc.

Les États-Unis ont eu #MeToo, la France a eu #BalanceTonPorc. À la suite des révélations de l’affaire Weinstein, de nombreuses femmes ont raconté leurs histoires de harcèlement sexuel sur les réseaux sociaux à travers ces mots-clés. Le hashtag francophone a été lancé par Sandra Muller; cette Française expatriée aux États-Unis a initié un véritable mouvement. Salhia Brakhlia l’a rencontrée à New York pour BFMTV. Elle raconte comment lui est venue l’idée de ce hashtag:

"D’un seul coup, un ras-le-bol. Une colère, quelque chose qui m’arrive, incontrôlable (…) J’écris ce hashtag en disant 'Si toi aussi tu es victime de harcèlement sur ton lieu de travail ou de comportement inapproprié, viens me raconter'."

"Qu'on ne vienne pas nous dire que les victimes sont des mythomanes"

En un mois, 496.000 tweets sont postés avec ce hashtag: "Ça montrait quand même qu’il y avait une souffrance relativement importante des femmes et qu’il était temps qu’elles parlent", analyse Sandra Muller. Pourquoi avoir incité les utilisatrices du réseau social à donner les noms de leurs harceleurs présumés et les détails des événements? "Ça évite les fantasmes. Qu’on ne vienne pas nous dire que les victimes sont des mythomanes. En général, quand on donne un nom, on ne mythonne pas (sic)."

Face à ceux qui ont accusé les utilisatrices du hashtag de délation, elle fait la différence avec la dénonciation: "La délation c’est quelque chose de haineux, c’est quelque chose de mal. La dénonciation, c’est pour faire avancer, pour faire progresser, et c’est pour (…) que des personnes parlent de façon positive et que ça s’arrête."

"Je ne veux pas une guerre des sexes"

Une démarche qui n’a pas été sans conséquences: Sandra Muller attend désormais son procès face à l’ancien patron de Équidia, qui l’a attaquée en diffamation. "C’est moi qui me prends une agression verbale, c’est à moi qu’on dit 'Je vais te faire jouir toute la nuit', j’en parle et c’est lui la victime? Et moi là-dedans?", demande Sandra Muller. Et de conclure:

"Je ne veux absolument pas une guerre des sexes. Je ne veux pas que tous les hommes imaginent que ce sont des porcs. Juste qu’ils remettent en cause certains de leurs comportements. Si j’avais un message à adresser aux hommes, c’est que sans eux, on n’y arrivera jamais."

B.P. avec Salhia Brakhlia