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Homosexuel, Lyes témoigne du rejet et des insultes qu'il subit dans sa banlieue

Lyes 23 ans habite Gennevilliers depuis toujours témoigne ce mercredi sur BFM Paris de la difficulté pour lui de s'afficher comme homosexuel dans sa banlieue, où il subit rejet, insultes et agressions.

Lyes a décidé de ne plus se cacher. Homosexuel, il est pourtant la cible d'insultes et d'agressions verbales ou physiques dans sa commune de Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine. Alors que nous le rencontrons dans un parc, des adolescents lui demandent de s'en aller. Le jeune homme de 23 ans essuie des "casse-toi d'ici, vas-y bouge" et autres "arrête de venir ici". 

"C'est souvent comme ça malheureusement, reconnaît Lyes. Il y a des endroit où je ne peux pas passer. Moi j'appelle ça des zones de non droit pour les LGBT, je ne peux pas passer par là, c'est leur territoire."

"Ici, je sais que je ne suis pas libre"

Aujourd'hui, il ne compte plus le nombre de fois où il est pris à partie en raison de son homosexualité et a des anecdotes pour chaque coin de rue.

"Là on est à l'endroit où je me suis fait agresser. C'était des jeunes, j'étais avec une amie, je passais et là ils nous ont jeté plein de cailloux, des pavés, des gravats. Ils m'ont dit clairement 'pourquoi tu passes par ici, sale pédé, tapette, ici il n'y a pas de PD'", se souvient le jeune homme. 

Pour Lyes, sortir en banlieue est un risque. Cacher son homosexualité pour éviter coups ou insultes est une pratique courante.

"Dire qu'on est homosexuel, on n'y pense pas. Alors se donner la main avec son copain... ça c'est encore une nouvelle étape", déplore Lyes. Le jeune homme, engagé pour la cause homosexuelle rêve de Paris où il prévoit de déménager prochainement.

Malgré de récentes agressions dans la capitale, Lyes se sent "libre" à Paris. "Ici, je sais que je ne suis pas libre, c'est interdit aux homosexuels, aux LGBT", assure-t-il. 

Des sanctions pour les auteurs d'agressions

Malgré tout, Lyes a décidé de porter cette cause à visage découvert, pour ceux qui se taisent et se cachent.

"J'ai des amis homosexuels qui habitent à Gennevilliers ou bien à Sartrouville et qui se cachent. Pour eux, jamais ça ne leur viendrait à l'idée de révéler qu'ils sont homosexuels. Mais on est en République française, j'ai le droit d'aller dans tous les territoires en tant qu'homosexuel. C'est eux qui doivent être sanctionnés, c'est eux qui doivent être condamnés", martèle-t-il. 

Le jeune homme pointe néanmoins une prise en charge défaillante. Sur la quinzaine de plaintes déposées, aucune n'a été instruite. Depuis qu'il a décidé de témoigner à visage découvert, Lyes assure que le harcèlement à son encontre s'est intensifié.

Mardi soir, des jeunes sont venus frapper aux volets de son domicile pour l'insulter. Le jeune homme a prévu de porter plainte ce mercredi et a reçu le soutien de plusieurs responsables associatifs comme Guillaume Mélanie, président d'Urgence Homophobie, victime le mois dernier d'une agression homophobe à Paris

C. B avec William Helle, Ryad Maouche