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Paris: le président d'Urgence Homophobie agressé

Le président d'Urgence Homophobie a été agressé mardi soir à Paris. Sur BFM Paris, il dénonce le "sentiment d'impunité" contre les actes homophobes.

Guillaume Mélanie, président d'Urgence Homophobie a été victime d'une agression mardi soir à Paris. La scène s'est déroulée dans la soirée près de la station de métro Etienne Marcel, dans le centre de Paris. Un quartier que Guillaume Mélanie décrit pourtant comme "très gay friendly".

"On sortait du restaurant avec des amis, on fêtait le titre de séjour d'un de nos réfugiés et en sortant, le temps qu'on se dise au revoir on gênait le passage. Et un monsieur qui a dû voir qu'on était gays, ça ne lui a pas plus", raconte-t-il sur BFM Paris. 

Nez cassé, hématomes

"Il a poussé un de nos réfugiés pour pouvoir passer, on lui a dit 'doucement' et c'est là qu'il m'a dit des insanités homophobes. Il m'a traité de PD, il m'en a collé une, un gros coup de poing dans le nez", poursuit Guillaume Mélanie.

Sur son compte Twitter, Guillaume Mélanie a décidé de publier une photo montrant son visage tuméfié. Il souffre notamment d'un nez cassé et d'hématomes et s'est rendu aux urgences cette nuit. 

"Il y avait de la haine dans ses yeux"

"J'ai vu le moment où les coups allaient pleuvoir. Je pense que j'aurais été seul, je serais encore aux urgences, là j'en sors à peine (...). Il y avait de la haine dans ses yeux", ajoute-t-il encore. 

Cette agression intervient après une série d'autres dans la capitale. La semaine dernière, deux femmes en ont été victimes place de la République à Paris. Quelques jours auparavant, un couple d'hommes qui s'embrassait avaient été roué de coups dans le 20e arrondissement. Fin septembre encore, un comédien avait été agressé en pleine rue pour les mêmes motifs, il avait lui aussi décidé de publier les photos de ses blessures sur les réseaux sociaux.

Après son agression, Guillaume Mélanie lance un appel aux autorités. "On a vraiment besoin de justice, on a besoin de la ministre de la justice. Il faut instruire nos plaintes. Tant qu'il y aura ce sentiment d'impunité, on se fera casser la gueule", déplore-t-il. Guillaume Mélanie a prévu de porter plainte dans la journée. 

"L'homophobie se porte à merveille en 2018"

Sur les réseaux sociaux, il a reçu le soutien d'élus parisiens. "Ce déchaînement d'homophobie est monstrueux", a notamment tweeté Ian Brossat, maire-adjoint en charge du Logement. Le groupe des Républicains et Indépendants a également dénoncé cette agression: "c'est tout simplement inacceptable et cela appelle une action résolue des pouvoirs publics".

Discret depuis sa démission de la mairie de Paris, Bruno Julliard a lui aussi regretté "la multiplication des agressions homophobes, injures publiques, outings sauvages, insultes incessantes sur les réseaux sociaux". "L'homophobie se porte à merveille en 2018. Ce n'est plus supportable. Il faut une mobilisation générale: police, justice, école, acteurs associatifs. Vite", conclut-il. 

Carole Blanchard