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Hautes-Alpes: ces "professionnels de la montagne" qui sauvent les migrants

Des migrants essaient toutes les nuits de franchir le col de l’Echelle (Hautes-Alpes), à la frontière franco-italienne, parfois par -15°C. Des habitants d’un village voisin se sont organisés pour leur porter secours et leur éviter de se perdre, ou d’être grièvement blessés par le froid.

Dans la nuit de dimanche à lundi, cinq migrants ont été secourus dans les Hautes-Alpes, après s’être perdus alors qu’ils tentaient de traverser à pied le col de l’Echelle, depuis l’Italie vers la France. L’un n’avait plus de chaussures, un autre était sans gants, plusieurs souffraient d’engelures. L’information, rapportée par le journal italien Corriere Torino, n’a rien d’un fait exceptionnel.

Toutes les nuits, des migrants tentent de franchir la frontière franco-italienne par ce col culminant à 1762 mètres, et ce par tous les temps. A Névache, du côté français, des habitants se relaient pour organiser ces opérations de secours, malgré les risques d’être arrêtés par les forces de l’ordre.

C’est notamment le cas de Vincent et Philippe, que BFMTV a pu suivre une nuit.

"On est professionnels de la montagne. (...) Il y a des gens qui essaient de passer le col en baskets et en petit pull. On ne peut pas faire autrement, en tout cas pour ma part, que d’essayer de faire quelque chose", explique le premier.

"On ne se sent pas du tout comme des passeurs"

Par une température avoisinant les -15°C, ils arpentent les chemins enneigés du col de l’Echelle pour aller à la rencontre des migrants, souvent mal équipés pour ces conditions extrêmes. C’est le cas d’un jeune homme originaire de Guinée-Equatoriale, qui marche depuis cinq heures dans la neige, sans chaussettes dans ses chaussures de randonnée.

"Il est déjà bien équipé. On a vu pire, en tongs, en espadrilles…", nuance Philippe. Le jeune Équatoguinéen est récupéré par les deux accompagnateurs en montagne, et mis en sécurité dans le village le plus proche.

"On ne se sent pas du tout comme des passeurs, pas du tout”, explique Vincent. “Déjà, on n’est pas rémunérés pour faire ça. J’essaie juste de faire quelque chose pour ne pas laisser ces gens-là mourir de froid dans la montagne", plaide-t-il.

Les habitants du village ont déjà pris en charge plusieurs centaines de migrants.

Liv Audigane, avec Quentin Baulier, Maxime Brandstaeter et Julie Papet