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Gilets jaunes: un CRS victime de violences à Paris dénonce "la volonté de se faire du flic"

Blessé à la main, Jessy estime ne jamais avoir connu une telle violence au cours de ses 20 ans de carrière.

Deux jours après les violences dont ont fait l'objet les rues parisiennes en marge du troisième acte de mobilisation des gilets jaunes, l'heure est au bilan. Dimanche, la ministre de la Justice Nicole Belloubel avait déjà affirmé, lors d'un point presse, que parmi les 372 personnes placées en garde à vue, "environ deux tiers" feraient "l'objet d'un défèrement."

De plus, selon les chiffres officiels du ministère de l'Intérieur, 250 blessés sont à dénombrer, et parmi eux, 81 membres des forces de l'ordre. Une nouvelle journée d'affrontements qui a laissé de lourdes traces chez les policiers et gendarmes mobilisés pour l'occasion. 

Jessy, un CRS présent place de l'Etoile, a relaté à BFMTV sa journée de samedi. Pour lui, il a fait face à "une violence extrême, qu'il n'a jamais connue en 20 ans." 

"Là, la volonté, pour moi, c'était de se faire du flic" a-t-il affirmé. 

"Il fallait qu'on tienne et on a tenu"

Ce samedi, la journée du policier a débuté aux alentours de 4h30 du matin, pour ne se terminer que 19h plus tard, un peu avant minuit

"Je ne me suis pas rendu compte du temps qui s'est écoulé" affirme-t-il encore. "On ne le voyait pas, on était dedans, il fallait qu'on tienne et on a tenu."

Signe de la violence extrême dont il la été témoin, cette blessure à la main contractée lors d'une des dizaines de charges que lui et ses collègues ont du effectuer au cours de la journée. Face à eux, des casseurs qui ont utilisé tous types de projectiles.

"Place de l'Etoile, il y a de nombreux bâtiments entourés de grilles de fer forgé, ils ont 'disqué' les têtes de façon à nous les jeter du côté pointu" a-t-il de nouveau décrit, montrant à la caméra un morceau de métal pointu récupéré sur place. 

Grogne chez les forces de l'ordre

Ce témoignage met une nouvelle fois en relief la difficulté du travail des forces de l'ordre ces dernières semaines. Hier, toujours sur le plateau de BFMTV, Benoït Barret, secrétaire national adjoint du syndicat Alliance Police, avait expliqué que ses "collègues (étaient) usés" par ces derniers jours d'affrontements.

"Aujourd'hui il faut prendre en compte ce cri d'alarme des policiers, il faut prendre en considération un vrai plan de matériel dans la police nationale. Samedi prochain, si on y retourne, on aura encore les mêmes collègues, avec les mêmes casques vieux de dix ans, les mêmes visières qui sont rayées, on est obligés de les lever pour voir ce qu'il se passe. Ça suffit!" avait-il explosé. 

Hugo Septier