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Enfants contaminés à l'arsenic dans l'Aude: les autorités assurent ne pas "minimiser le risque sanitaire"

Dix nouveaux cas d'enfants surexposés à l'arsenic ont été déclarés ce mercredi. Le directeur adjoint de l'Agence de santé régionale Occitanie assure cependant qu'on "peut vivre" dans la vallée concernée sans crainte, à condition de respecter quelques recommandations.

Après dix nouveaux cas d'enfants surexposés à l'arsenic dans la vallée de l'Orbiel dans l'Aude, habitants et élus reprochent à l'Etat d'avoir tardé à gérer l'impact toxique des inondations d'octobre 2018. "Nous ne minimisons absolument pas le risque sanitaire", répond Jean-Jacques Morfoisse, directeur adjoint de l'Agence de santé régionale (ARS) Occitanie. 

Cette zone est connue pour contenir de l'arsenic de puis longtemps, "depuis plus de 20 ans nous diffusons des recommandations sanitaires" dans cette vallée, souligne-t-il. 

La méconnaissance, premier facteur de surexposition

Sauf que préconisations ne sont pas connues de tous, notamment chez les nouveaux habitants. "Il s'agit du premier facteur certain de surexposition", affirme Jean-Jacques Morfoisse. Quelques mesures simples permettent selon lui d'éviter toute contamination: se laver après avoir manipulé de la terre, faire attention à l'eau bue et aux fruits et légumes du jardin si on ne sait pas comment ils sont arrosés.

Mais malgré les informations rassurantes délivrées par la préfecture ou les autorités sanitaires, certains parents refusent d'envoyer leurs enfants en classe pour la rentrée, quand d'autres choisissent même de déménager.

"Oui il y a de l'arsenic dans cette vallée, oui l'arsenic est dangereux à terme pour la santé, mais oui on peut y vivre" si l'on respecte les préconisations, rétorque le directeur adjoint de l'ARS.

De nouveaux résultats attendus prochainement

Les familles veulent la "vérité", sur les causes de la surexposition, les risques de maladie, et sur les résultats d'analyses des sols. La préfecture doit rendre publics les résultats de 200 prélèvements, mais "pas avant fin septembre". "Nous avons sollicité Santé publique France pour voir s'il faut mener des campagnes d'études d'imprégnation plus larges", ajoute Jean-Jacques Morfoisse.

Nous avons jusque là ciblé les enfants scolarisés en maternelle et primaire, qui sont à peu près 300 dans la zone, du fait de l'impact sur le système neurologique que peut avoir une exposition sur plusieurs années. De par leur comportement, et notamment le "porter la main à la bouche" ils sont naturellement plus exposés à l'arsenic, l'ingestion étant le facteur majeur d'imprégnation, détaille le directeur adjoint de l'ARS Occitanie. 
Alexandra Jaegy avec AFP