BFMTV

Service minimum à l'école : parents et retraités recrutés

-

- - -

Pour appliquer le service minimum à l’école ce jeudi, certaines municipalités recrutent toutes les bonnes volontés en rappelant que l'Etat reste responsable en cas d'accident.

A 48 heures d'une grève dans l'Education, le service minimum d'accueil à l'école fait une nouvelle fois débat un peu partout en France. La loi du 20 août 2008 sur le droit d'accueil pour les élèves des écoles maternelles et élémentaires pendant le temps scolaire oblige les communes à organiser un accueil des élèves dès que plus de 25% des enseignants d'une école se sont déclarés grévistes. Un dispositif encore sujet à polémiques. Exemples à Grasse et en Charente.

En cas d'accident, l'Etat est responsable

A Grasse (Alpes-Maritimes), des parents d'élèves ont alerté RMC. Le maire UMP va organiser le service minimum, mais il a décidé de faire appel à toutes les bonnes volontés pour assurer l'accueil des enfants. Il a sollicité les parents d'élèves, les retraités de la mairie, les responsables des associations sportives et culturelles. Ainsi, Tatyana, parent d'élève dans une école maternelle de Grasse, a reçu la lettre de la mairie lui demandant si elle souhaitait participer à l'encadrement et l'invitant à diffuser l'information auprès de tous les parents d'élèves pour savoir s'ils sont volontaires.

Une initiative qui lui fait peur : « Je réagis très mal parce que je pense que je n'ai pas du tout les compétences pour accueillir des enfants dans une école, je n'ai pas la formation pour ça. Je me demande qui va garder nos enfants s'il y a un service minimum. Si ce n'est pas nous, il va bien y avoir quelqu'un. C'est inquiétant, les enseignants sont quand même formés, et des fois il y a quand même des dérapages. Donc là, des personnes non formées, ça fait vraiment très peur... »

Rémy Krysanas, adjoint au maire de Grasse en charge de l'éducation, justifie cette démarche : « Nous avons voulu constituer une réserve au cas où nos personnels ne suffiraient pas. Ce n'est pas un métier de garder, c'est une question de qualités humaines avant tout. On a par exemple le directeur d'un club de judo qui nous propose ses services, pour nous c'est impeccable. Un élément important à noter est qu'ils ne sont pas responsables de l'accident qui peut survenir dans une école. C'est l'Etat qui est responsable. »

« Inapplicable et dangereux » en Charente

En Charente, les élus de quinze communes (dont Angoulême et Cognac) viennent de signer une motion contre le service minimum à l'école. Pour eux, le texte de loi est « inapplicable et dangereux », comme l'explique Edgard Saulnier, maire socialiste de Villefagnan et porte-parole du Collectif : « C'est une trop grosse responsabilité. Il faut avoir une formation. Si on n'occupe pas ces enfants soit par le loisir, soit par le travail, ça devient très difficile et très dangereux. Il peut y avoir des accidents, des bagarres, des problèmes énormes. Et on peut se retrouver, nous, devant les tribunaux. On fait notre devoir en avertissant l'Etat d'un danger ».

La rédaction et Yann Abback