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Après le suicide d'une directrice d'école à Pantin, les parents d'élèves interpellent le ministre

L'école de Pantin où une directrice s'est suicidée, en septembre 2019

L'école de Pantin où une directrice s'est suicidée, en septembre 2019 - BFMTV

Les parents d'élèves de l'école maternelle Méhul estiment que le suicide de la directrice n'est qu'un "tragique reflet de l'état" des établissements de leur secteur.

Six jours après la découverte du corps de Christine Renon, directrice de l'école maternelle Méhul à Pantin, en Seine-Saint-Denis, les parents d'élèves ont adressé vendredi une lettre au ministre de l'Education nationale pour l'interpeller sur "un dramatique cri d'alerte". Un courrier qui a également été envoyé au recteur, ainsi qu'à l'inspecteur d'académie et de la circonscription.

"Le geste de Christine Renon est porteur de messages clairs ; nous vous demandons de les entendre et d'en prendre acte, et nous attendons un engagement fort en faveur des écoles de Pantin, des écoles de Seine-Saint-Denis, des écoles des zones sensibles", écrivent-ils.

"En dehors de l'émotion, nous vivons l'événement qui secoue notre école aujourd'hui comme un tragique reflet de l'état des écoles de notre secteur et comme un dramatique cri d'alerte sur les conditions de travail des directeurs d'école", poursuivent les parents d'élèves.

"Quelles solutions pouvez-vous apporter ?"

Comme dans le courrier adressé par la défunte à plusieurs directeurs d'école de Pantin, dans lesquelles elle mettait en cause l'Education nationale, les parents pointent du doigt l'"instabilité d'un interlocuteur essentiel, l'inspecteur de l'Education nationale", un nouveau "en poste à chaque début d'année scolaire".

Ils évoquent aussi des problèmes liés aux rythmes scolaires, "une grande instabilité dans les équipes d'animation, des changements de personnel très fréquents, en sous-effectif régulier, souvent peu formé".

Se déclarant "bien décidés à poursuivre les combats de Christine Renon", ils interrogent le ministre : "Quelles solutions pouvez-vous apporter ?", "quelles suites pouvons-nous attendre et dans quels délais ?", "comment les enseignants de l'équipe seront-ils accompagnés et soutenus dans la durée ?".

L'école, qui compte onze classes et accueille 300 enfants, a été fermée lundi. Elle a rouvert mardi avec des modalités d'accueil particulières. Jeudi, plusieurs centaines de personnes s'étaient rassemblées dans la cour de l'école Méhul pour rendre hommage à Christine Renon. Quelques heures auparavant, Jean-Michel Blanquer s'était rendu sur les lieux pour rencontrer les personnels de l'école.

Mélanie Rostagnat avec AFP