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Doit-on interdire la culture d’OGM en France ?

Photos de rats nourris aux OGM dans le cadre de l'étude du professeur Séralini

Photos de rats nourris aux OGM dans le cadre de l'étude du professeur Séralini - -

L’étude des chercheurs de Caen sur un OGM de Monsanto a relancé le débat en France : les rats nourris avec cet OGM développent beaucoup plus de cancers que les autres. Faut-il pour autant tous les interdire ?

L'étude choc sur les OGM publiée hier par des chercheurs de l'université de Caen, fait réagir les autorités françaises et européennes. Pendant deux ans, et dans le plus grand secret, les chercheurs ont nourri des rats avec un maïs OGM (le "NK 603" du géant américain Monsanto). Conclusion : ils meurent plus jeunes et souffrent plus souvent de cancers que les autres.
Le ministre de l'Agriculture en France a appelé à une "réforme profonde" des procédures d'homologation des cultures génétiquement modifiées dans l'UE. La Commission européenne a annoncé le gel de l'examen de la demande de renouvellement de l'autorisation de culture accordée à Monsanto pour un autre OGM, le MON 810. Mais maintenant, les associations demandent plus.

« Eviter tout risque pour la santé humaine ou animale »

Pour l’eurodéputé José Bové, cette étude est la preuve qu’il faut interdire toute autorisation des mises en culture OGM en Europe. « C’est la demande que j’ai faite au commissaire européen à la santé publique », dit-il, demandant à la foi l’interdiction de « toutes les cultures mais aussi les importations d’OGM ». Concernant l’étude de l’université de Caen, José Bové estime par ailleurs qu’il faut aller plus loin. « Il faut réévaluer les risques, mais on ne peut pas se contenter d’une seule étude. La logique scientifique veut qu’on refasse la même étude pour confirmer ou infirmer les résultats de la première. Mais en attendant, il est obligatoire d’éviter tout risque pour la santé humaine ou animale ». En clair, il demande un moratoire, y compris sur l’importation.

« Interdit de produire des OGM, mais libre d’en importer »

Mais pour Luc Esprit, président de l'Association générale des producteurs de maïs (AGPM), les faits sont plus complexes. Pas question d’interdire la culture des OGM en France, « dans la mesure où cette étude concerne un OGM parmi beaucoup d’autres importés en Europe, et pas les OGM en général », tient-il à préciser. Il souhaite aussi une harmonisation des règles qui, en l’état actuel des choses, sont facilement contournables selon lui. « En Europe, il y a beaucoup de pays où il est interdit de produire des OGM, notamment la France, mais il est tout à fait libre d’en importer. L’Union européenne n’a jamais été capable de définir un cadre réglementaire homogène sur le territoire européen », regrette-t-il.

La rédaction avec Thomas Chupin