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Débités, mais pas livrés... les clients s’organisent

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Après le placement en liquidation judicaire de la Camif, les clients n’ont plus de nouvelles de leurs commandes et ont peu de chances d’être remboursés.

L'Etat prendra en charge le reclassement du personnel de la Camif Particuliers, placée lundi en liquidation judiciaire, selon Luc Chatel. Le secrétaire d'Etat à la Consommation doit rencontrer ce jeudi à Niort (Deux-Sèvres), les salariés licenciés.

Du côté des clients, la grogne monte... Xavier Caron, l'un des clients de la société de vente à distance a lancé une association et un blog (soscamif.blogspot.com) pour crier sa révolte. Il rassemble déja près de 600 membres, qui ont effectué une commande à la Camif, l'ont payée, et n'ont pas été livrés. Au total, la somme que la Camif doit à ses clients s'élève à 750 000 euros.

« C'est une escroquerie »

En direct sur RMC, Xavier Caron a raconté sa démarche : « Lundi soir, sous le coup de la déception, j'ai créé un blog que j'ai diffusé sur de nombreux forums, et j'ai vite été débordé par le succès puisqu'à ce jour il y a plus de 600 clients qui m'ont fait part de leur témoignage. Ils se sont inscrits dans la base de données et ils sont prêts à agir contre ce qu'on qualifie d'escroquerie et d'abus de confiance. C'est surtout la manière dont se sont passées les ventes ces dernières semaines... Puisque, pour ne vous citer que mon exemple, le 15 octobre je commandais et payais une cuisine à 8 000 euros, on m'a demandé de payer la totalité du montant à la commande, alors que dans le même magasin, quelques semaines avant, la pratique voulait qu'on ne paye qu'un acompte de 20 à 30%. Donc manifestement, il y a eu une "tactique" mise en place par la direction de la Camif pour récolter le maximum d'argent. On ne peut pas leur reprocher d'avoir voulu sauver la Camif, mais ils l'ont fait en faisant peser 100% des risques sur les clients, ce qui est proprement scandaleux ».

Des clients écœurés

Parmi ces clients, on trouve Valérie, qui vit en Dordogne. Elle a acheté un canapé en cuir convertible pour 2 500 euros au magasin Camif de Clermont-Ferrand. Depuis plusieurs jours, elle n'a aucune nouvelle de sa commande et elle ne cache pas sa colère.
Marie-Laure, autre cliente, a « économisé pendant 5 mois, avec un salaire de 900 euros mensuel, pour s'offrir un abri de jardin à 800 euros au mois d'août », dont elle n'a pas de nouvelles. Aujourd'hui, elle s'en dit « malade ».
Au sein des clients lésés, on trouve aussi Caimant Shérif, qui habite à Lyon. Au mois de juillet, il a commandé un canapé d'une valeur de 1 300 euros. Son article ne lui a pas été livré. La Camif a d'abord évoqué un « manque de matière première ». Aujourd'hui, son canapé est bloqué chez le transporteur. Comme beaucoup de clients, il a le sentiment d'avoir été arnaqué car on lui a « demandé le paiement immédiat du canapé ».

Quel recours juridique ?

Que peuvent faire ces clients floués ? Isabelle Faujour, juriste à l'UFC Que Choisir, explique qu'ils « peuvent faire une déclaration de créance (avant le 26 décembre auprès de Maître Gilles DUTOUR, 4 rue de la gare - 79000 NIORT) qui sert à prévenir le liquidateur qu'on a une créance sur la société et à préserver ses droits pour être remboursé de la somme ». Mais cette démarche a peu de chances d'aboutir, comme le précise Maître Fabrice Laffon, avocat qui travaille avec l'UFC Que Choisir : « Le gros problème, c'est que ce droit au remboursement n'est qu'un principe puisqu'au moment du partage de ce qui reste éventuellement des actifs de la société, on privilégie d'abord ce qu'on appelle les créanciers privilégiés, tel l'URSAFF, les salaires... Les consommateurs ont peu de chance, dans la logique juridique, de récupérer leur argent. C'est malheureusement le gros risque pour ces consommateurs ».

La rédaction et Céline Pitelet