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Coronavirus: au coeur du service de réanimation du Médipôle de Villeurbanne

Depuis le début de la crise du coronavirus, le quotidien des soignants a été bouleversé. Au Médipôle de Villeurbanne, des chirurgiens et des médecins sont venus prêter main forte.

Derrière leurs masques, charlottes et blouses, difficile de voir que ces soignants ne font pas partie habituellement du service de réanimation du Médipôle de Villeurbanne. Avec la crise du coronavirus, le fonctionnement du service a été chamboulé.

Un rôle de soutien

Les soignants dont l'activité est à l'arrêt viennent désormais prêter main forte à leurs collègues pour une manipulation délicate mais indispensable: le retournement sur le ventre pour soulager les patients en détresse respiratoire. Autour du patient plongé dans le coma artificiel ce jour-là, s'activent ainsi une infirmière, deux chirurgiens et une gynécologue.

"C'est un peu un renversement des rôles, il n'y a plus vraiment de hiérarchie, on est tous ensemble dans l'intérêt du patient", note Véronique Divry, gynécologue au Médipôle Lyon-Villeurbanne "Peu importe notre formation, nos diplômes, on œuvre tous de façon synchronisée, ensemble". 

Anne Durant, neurochirurgienne au Médipôle Lyon-Villeurbanne, venue elle aussi aider ses collègues, va dans le même sens. Son statut de médecin est mis entre parenthèse et la voici dans "un rôle de support et d'accompagnement vis-à-vis des équipes" du service de réanimation. 

"Il nous semblait primordial de venir soutenir les équipes qui étaient physiquement et moralement assez atteintes par ces difficultés", ajoute-t-elle.

Une infirmière pour les guider

Appelés à se serrer les coudes, ces médecins réalisent des gestes d'ordinaires réservés à d'autres. Les manipulations sont apprises pour certains, réapprises pour d'autres. Le tout sous les ordre d'une infirmière.

"il y a toujours le stéréotype du chirurgien qui ne va pas venir aider les pauvres petits patients", rigole Elodie Rommarito, infirmière en réanimation. "Qu'ils aient répondu tous présents, qu'ils viennent juste pour ça, ça fait énormément plaisir à toute l'équipe et ça nous soulage". 

Une aide loin d'être vaine: depuis le début de la crise, près de 90% des lits du service sont occupés. Mais un motif d'espoir apparaît dans cet établissement: depuis plusieurs jours, la tendance est à la baisse.

Benjamin Rieth