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Contrôle continu, choix des matières... Les lycéens à l'épreuve de la réforme

Les élèves doivent s'adapter à un nouveau rythme d'enseignement, marqué par davantage de liberté dans le choix des matières, mais plus de stress avec l'accent mis sur le contrôle continu.

Un mois et demi après la rentrée, l'heure d'un premier bilan. Les élèves s'apprêtent à profiter des deux semaines des vacances de la Toussaint à partir de ce vendredi, les premières depuis l'entrée en vigueur de la réforme du lycée qui a notamment acté la suppression des séries au lycée.

Pression accrue du contrôle continu

Une nouvelle liberté dans le choix des matières, mais également une pression accrue avec le contrôle continu. Désormais, dès la classe de première, toutes les notes comptent pour le baccalauréat à hauteur de 10%.

"On sait qu'on a d'autres épreuves pour se rattraper, mais au fond il y a toujours un petit enjeu à chaque contrôle, chaque épreuve", témoigne Paul, élève en classe de première scolarisé dans un lycée du XVe arrondissement parisien.

"Moi je suis un élève qui ne travaillais pas énormément chez moi et je me reposais un peu sur mes facilités. Et depuis cette année, je peux plus et ça suffit plus. Il faut aussi travailler à côté", renchérit Maélian au côté de son camarade.

Les enseignants circonspects 

Conséquence de la réforme, une ambiance studieuse dans les salles de classe, mais également de la pression. "J'aime leur motivation mais leur stress est palpable. Là, il faut les rassurer et puis ralentir probablement le rythme", estime Joëlle Toussaint, professeure de sciences économiques et sociales (SES).

Car si le rythme de travail est soutenu, c'est parce que les professeurs souhaitent avoir suffisamment avancé dans le programme pour les épreuves communes de contrôle continu. Pour les élèves de premières de ce lycée parisien, elles auront lieu début février, pendant le bac blanc des terminales. Problème: les professeurs n'auront pas accès à la banque de sujets avant le mois de décembre.

"On essuie les plâtres. (...) On aurait aimé avoir la banque nationale de sujets dès le début de l'année", regrette Christine Dalmasso, professeure d'allemand. Un climat d'incertitude davantage ressenti par les enseignants que les élèves.

Plus de choix, moins d'échec?

"Ce que je trouve de bien c'est qu'on a plus vraiment juste une seule filière à suivre et que par exemple moi qui voudrais être kiné, j'ai pu prendre physique et SVT sans les maths, où je ne suis vraiment pas douée", salue Chiara, élève de première.

Une réforme qui, pour le proviseur Pierre-Luc Masson, va avantager les lycéens qui autrefois peinaient en filière scientifique comme "les élèves qui par exemple allaient faire des préparations de matières scientifiques pour le bac et qui se retrouvaient en échec en sciences humaines à l'université par dizaines de milliers".

Une inconnue néanmoins: l'enseignement supérieur parviendra-t-il à s'adapter au profil de ces futurs bacheliers? C'est tout l'enjeu de cette réforme.

Véronique Fèvre avec Clarisse Martin