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Confinement: un homme violent dénoncé par sa compagne dans une pharmacie à Nancy

Image d'illustration pharmacie - AFP -

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Une femme enceinte de 5 mois s'est rendue dans une pharmacie de Nancy samedi, afin de signaler qu'elle était victime de violences conjugales. Un dispositif d'alerte a été mis en place au sein des pharmacies pour que les femmes violentées puissent échapper à leurs conjoints en cette période de confinement liée au coronavirus.

Une femme s'est rendue dans une pharmacie de Nancy pour dénoncer des violences conjugales, deux jours après l'annonce d'un dispositif d'alerte dans les officines, et son mari a été interpellé, a-t-on appris lundi auprès du parquet.

Samedi après-midi, une femme "s'est présentée à une pharmacie de Nancy car elle avait entendu dire que c'était le lieu où on pouvait signaler des violences conjugales", a indiqué le procureur de la République de Nancy, François Pérain. 

Les violences en hausse de "32% en une semaine"

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a annoncé jeudi la mise en place d'un système d'alerte dans les pharmacies pour les femmes victimes de violences conjugales. Au cours de la première semaine de confinement, les violences conjugales ont augmenté de 32% en zone gendarmerie et de 36% en zone police, avait précisé Christophe Castaner. Le code "masque 19" peut être utilisé par la victime si elle est accompagnée de son conjoint, avait-il suggéré.

"La victime n'a pas eu recours à un code quelconque, elle était seule et pouvait s'exprimer librement", a souligné François Pérain. 

La police, contactée par la pharmacienne, a interpellé le conjoint à son domicile et l'a placé en garde a vue au commissariat de la ville.

Une femme enceinte de 5 mois

Lors de sa déposition, la femme, enceinte de cinq mois, a raconté qu'une "nouvelle dispute l'avait opposée à son concubin qui l'avait giflée et s'était avancé vers elle en tenant un couteau à la main", a relaté François Pérain.

Elle a mentionné "avoir également été violentée à trois reprises" auparavant, en février et en mars. "Une voisine du couple a confirmé l'existence de scènes de violence et a affirmé avoir vu la victime avec des contusions au visage", a ajouté le procureur.

Aucune trace de violences physiques n'a pu être relevée lors d'un examen médical qui a néanmoins conclu "à l'existence d'un retentissement psychologique", selon François Pérain.

L'homme, qui a reconnu avoir déjà giflé sa compagne, a été placé sous contrôle judiciaire lundi avec interdiction de contacter la victime et de se rendre à son domicile. Il est convoqué devant le tribunal correctionnel de Nancy le 5 juin.

L'ancien président François Hollande a déploré, ce lundi, que le nombre de victimes de violences conjugales ait explosé depuis le début du confinement, et a appelé les "victimes, témoins, voisins" à télécharger l'application "App-Elles" afin de les dénoncer.

Jeanne Bulant avec AFP