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Christophe Castaner promet l'asile à une mannequin iranienne, SDF à Paris

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- - Capture instagram Negzzia

Cette mannequin iranienne a fui l'Iran, son pays d'origine, en octobre dernier. Elle craignait d'être emprisonnée pour avoir posé dénudée sur des photographies.

A Paris, Negzzia dort dans un hébergement d'urgence. Cette mannequin iranienne a fui l'Iran, son pays d'origine, en octobre dernier. Elle craignait d'être emprisonnée pour avoir posé dénudée sur des photographies.

Aujourd'hui, la jeune femme de 29 ans, voit sa situation s'éclaircir. Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a déclaré sur Twitter que son dossier allait être "examiné avec l’attention bienveillante due à sa situation" et que "l’asile lui sera[it] naturellement proposé". 

La nudité poursuivie

En Iran, poser nue est passible de sévères punitions. La Ghast e Ershad (ou "police de la vertu" en persan) traque chaque personnalité du milieu de la mode qui transgresserait les règles. En 2017, un photographe pour qui Negzzia a travaillé est arrêté. 

C'est alors que la situation dégénère pour la mannequin, suivie par des milliers de personnes sur les réseaux sociaux. Le photographe dénonce des clichés où la jeune femme pose dénudée. 

"J’avais fait des photos de mon tatouage de dos avec lui et à ce moment-là, il avait essayé de me violer. Après m’être échappée, j’avais prévenu les autres filles qui travaillaient avec lui via les réseaux sociaux. Il m’avait menacé de ne plus travailler dans le milieu. Il s’est vengé en me dénonçant", raconte la jeune femme au Parisien. "Si le gouvernement mettait la main sur mes photos. Je risquais la prison et le fouet a minima". 

SDF à Paris

La jeune femme décide alors de fuir le pays, rejoignant la France par la Turquie. En arrivant à Paris, elle s'engage rapidement dans les démarches administratives pour demander l'asile. Sa demande est enregistrée le 13 novembre 2018 auprès de l'Ofpra. 

Mais rapidement les économies de la jeune femme s'épuisent. Les "amis" qui lui proposent de l’aide se révèlent être des "prédateurs". Negzzia se retrouve à la rue avant de finalement trouver un hébergement provisoire. "La journée, elle s’attable à des terrasses chauffées pour emmagasiner un peu de chaleur, et capter un signal wi-fi pour tenter d’exister sur son compte Instagram", raconte le quotidien parisien.

Un avocat l'accompagne désormais dans ses démarches. Pour lui, Negzzia est un symbole. "Elle fait partie de cette multitude d’Iraniens qui nous montrent que ce peuple est loin des slogans extrémistes de ceux qui dirigent le pays, explique l’avocat au barreau de Paris. Ils doivent nous inciter à regarder dans leur direction car ils nous prouvent qu’ils aspirent à vivre librement et dans le respect de valeurs qui nous sont communes."

Cyrielle Cabot