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Cazeneuve et les maires de France planchent sur l'accueil des réfugiés

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve recevait mardi l'Association des maires de France. Objectif: préparer la réunion de travail prévue samedi pour "organiser l'accueil" des migrants en France.

Après l'émotion et les premières promesses, l'heure est à l'action. Alors que François Hollande a annoncé lundi que la France accueillerait 24.000 réfugiés, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a reçu mardi l'Association des maires de France (AMF). Objectif: mobiliser les édiles pour soutenir l'Etat dans les engagements qu'il a pris devant la Commission européenne. Et préparer la journée de travail prévue samedi pour organiser l'accueil des migrants en France, l'objectif étant, de l'aveu même du ministre, de "sortir de cette réunion avec des dispositifs, des procédures".

"Urgence est d'accueillir dignement dans notre pays ceux qui sont persécutés dans le leur", a souligné Bernard Cazeneuve. "C'est une tradition multiséculaire en France à laquelle nous sommes très attachés."

Il lui faudra pour cela convaincre les maires, premiers concernés par l'accueil des réfugiés dans les centres qui se mettront en place en France. Ainsi, 1.000 réfugiés seront installés dans une dizaine de centres d’accueil d’urgence, dont la plupart sont situés en Ile-de-France. Puis les villes de Pau, Villeurbanne, Rennes, Strasbourg, Bordeaux, Metz, Lille, Rouen, Cherbourg et Nancy se sont déjà portées volontaires pour les accueillir de façon pérenne dans un second temps.

Les maires partagés

Certains maires ont d'ores et déjà refusé d'accueillir des réfugiés dans leur commune, à l'image de Xavier Bertrand, maire Les Républicains de Saint Quentin. "Je ne sais pas les accueillir, les former, les intégrer, donner un emploi", a-t-il justifié. La présidente du Front national, Marine Le Pen, a également prévenu mardi matin qu’aucune mairie FN n’en accueillerait.

Et si plusieurs maires sont favorables à cette solidarité, ils comptent sur l'Etat pour financer les dépenses supplémentaires que suppose l'accueil des réfugiés. "Il y a l'expression d'un volontariat d'un certain nombre de communes qui se disent disponibles (pour accueillir des réfugiés) (...). Nous accompagnerons l'État dans cette mission", a assuré François Baroin, à l'issue de sa rencontre avec Bernard Cazeneuve. "Nous avons soulevé la question de la volonté d'accueillir les réfugiés, les naufragés, ce qui est l'honneur de notre pays, pays de la déclaration des droits de l'homme, mais uniquement et exclusivement, dans cette urgence, les réfugiés et les naufragés", a affirmé le président de l'Association des maires de France.

"C'est à l'État d'assurer l'accueil, la mise à disposition des moyens, de négocier avec l'Europe les moyens financiers, de proposer une méthode, des calendriers, des partenaires, une organisation générale", a précisé le maire Les Républicains de Troyes.

"C'est à l'échelle européenne que les réponses les plus évidentes seront apportées", a-t-il conclu.

S. C.