BFMTV

Caméras, formations, recrutement... Comment Castaner veut lutter contre les agressions de sapeurs-pompiers

Christophe Castaner en visite dans une caserne de Seine-Saint-Denis, le 5 septembre 2019

Christophe Castaner en visite dans une caserne de Seine-Saint-Denis, le 5 septembre 2019 - BFMTV

Depuis le début de l'année, les agressions contre les sapeurs-pompiers ont augmenté de manière significative.

Un an après la mort de Geoffroy Henry, ce sapeur-pompier poignardé par un forcené à Villeneuve-Saint-Georges dans le département du Val-de-Marne, les militaires souhaitent un renforcement de leur sécurité en intervention. D'autant que depuis le début de l’année, les chiffres sont inquiétants : on recense 1.274 agressions physiques ou verbales, soit en moyenne cinq agressions par jour, pour 2012 pompiers agressés et 312 blessés.

Christophe Castaner était en déplacement ce jeudi dans une caserne de Seine-Saint-Denis pour rencontrer des pompiers et présenter en personne un certain nombre de mesures visant à lutter contre la violence à l'encontre des soldats du feu.

"Il nous faut renforcer nos dispositifs pour vous protéger, à toute l'échelle du moment de l'intervention, a asséné le ministre de l'Intérieur face aux pompiers. (...) Il n'y a pas de petite agression ou de grande agression. Il y a des agressions tout simplement, parce qu'elles mettent en cause ce que vous représentez."

Des caméras contre les agressions

Parmi les mesures présentées par Christophe Castaner, on retrouve tout d'abord l’expérimentation des caméras mobiles, entrée en vigueur depuis le 19 juillet 2019. Au total, ce sont dix services qui se sont portés volontaires pour ce test qui devrait courir jusqu’en février 2022: Haute-Garonne, Gironde, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Morbihan, Nord, Pyrénées-orientales, Rhône, Yvelines et Val-d’Oise.

Le ministère de l’Intérieur assure que cet outil doit permettre "une meilleure protection contre les agressions", mais également de "prévenir le passage à l’acte" ou de "collecter des preuves pour identifier et poursuivre les auteurs" d'agressions. Leur utilisation ne devrait pas être permanente et la caméra pourra être déclenchée par le militaire en cas d’incident.

Les images, qui seront gardées 36 mois avant d’être effacées automatiquement, pourront être visualisées par "un nombre très limité de personnes", dont le Directeur départemental du service d’Incendie et de Secours, son adjoint et les agents individuellement désignés en charge du suivi de ces dossiers. Les autorités compétentes (police, justice…) y auront également accès.

Des "procédures spécifiques" pour les "secteurs sensibles"

Le ministère de l'Intérieur annonce par ailleurs un "renforcement des protocoles opérationnels", notamment pour former les pompiers "à la négociation face à une personne agressive" ou "élaborer des procédures spécifiques pour l’intervention dans les secteurs sensibles" ou former les pompiers "à la négociation face à une personne agressive".

Est également proposé de diversifier le recrutement afin de "maintenir du lien social dans les quartiers difficiles" et d’entretenir un dialogue entre les pompiers et la "jeunesse des quartiers difficiles ou en rupture sociale".

Enfin, la place Beauvau affirme que l'administration portera systématiquement plainte en cas d'agression d'un sapeur-victime, et que les pompiers seront "invités à faire de même".

Bientôt une "campagne nationale" contre les violences

Christophe Castaner a par ailleurs annoncé qu'une "campagne nationale" pour sensibiliser aux "violences insupportables" dont les pompiers font l'objet serait lancée dans quelques jours. 

"Il y a la montée des incivilités, il y a la banalisation de l'agression verbale, mais il y a aussi cette société (...) où on aurait tous les droits et aucun devoir, à commencer par vous respecter. C'est absolument insupportable et il nous faut le dénoncer", a assuré le ministre de l'Intérieur.
Hugo Septier