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"C’est du véritable assassinat en groupe": l'émotion des sauveteurs après la mort de 27 migrants dans la Manche

Ce mercredi, 27 migrants sont morts à la suite du naufrage de leur embarcation alors qu'ils tentaient de rallier l'Angleterre par la Manche.

La voix est chevrotante, le regard hagard. Au lendemain du naufrage d'une embarcation de migrants qui tentaient la traversée de la Manche, les sauveteurs de la Société nationale de sauveteurs en mer (SNSM) de Calais se remémorent avec difficulté les scènes de cette tragédie, dont le bilan s'établit désormais à 27 morts.

"Nous avons récupéré six corps à la dérive. Moi, j’avais une femme enceinte et un petit jeune de, peut-être, 18 ans, 20 ans… On est quand même des humains, on a un cœur. C’est très dur, se désole Charles Devos, bénévole à la SNSM.

"C'est du véritable assassinat en groupe"

Les sauveteurs en mer officiant sur la façade nord de l'Hexagone doivent faire face à des traversées de migrants de plus en plus nombreuses. A un rythme quasiment quotidien, ils voient hommes, femmes et enfants s'essayer au franchissement de la Manche pour rejoindre l'Angleterre à bord de bateaux surchargés et dans un froid glacial. Une situation insoutenable pour ces sauveteurs qui se sentent désarmés.

"C’est du véritable assassinat en groupe. Lorsqu’on va même chercher des petits gamins de 2 ans, 3 ans qui sont grelottants, en hypothermie, qu’on les débarque sur le quai, qu'on leur prend la main... C’est attristant, on est un peu perturbés quand même", déplore Bernard Baron, président de la SNSM de Calais.

17 hommes font partie des victimes du naufrage de ce mercredi, dont deux sont décédés à l'hôpital. Sept femmes et trois jeunes, dont l'âge exact n'est pas encore connu, ont également trouvé la mort à cette occasion. Jamais un bilan de naufrage n'avait été si lourd dans la Manche.

Hugo Roux