BFMTV

Braquage d'un convoi saoudien: "Des malfrats déterminés, bien organisés"

BFMTV
Qui est à l'origine du braquage du convoi d'un prince saoudien, dimanche soir à Paris? Que révèle le mode opératoire des malfrats? Alors que le travail des enquêteurs commence à peine, BFMTV.com fait le point sur les pistes possibles avec Nicolas Comte, du syndicat SGP de gardiens de la paix.

Dimanche soir, à Paris, c'est un braquage pour le moins spectaculaire qui a eu lieu dans le Nord de la capitale. Un commando d'hommes armés a braqué le convoi d'un prince saoudien, volant 250.000 euros et des documents diplomatiques avant de prendre la fuite. Les voleurs étaient-ils à la recherche d'un document précis? Quelles pistes privilégient les enquêteurs? BFMTV.com a posé la question à Nicolas Comte, secrétaire général d'Unité-SGP, le premier syndicat de gardiens de la paix.

Qu'est-ce qui était visé lors de ce braquage: les documents ou l'argent?

"Difficile à dire tant qu'on ne connaît pas la teneur des documents en question. Une collaboration avec les autorités saoudiennes sera nécessaire pour en savoir plus. Mais c'est sûr que ce genre de braquage est assez inédit. A titre personnel, je crois plutôt que les malfaiteurs étaient sur la piste de l'argent: ils ont quand même utilisé des armes de guerre, et ont volé 250.000 euros. L'argent est souvent le but principal des braqueurs. Pour voler des documents, il faudrait vraiment que ceux-ci soient vraiment très intéressants. D'autre part, aujourd'hui, lorsqu'on veut voler des documents, on peut se les procurer autrement que par un braquage. Donc même si la piste des documents est plus romanesque, elle me semble moins probable".

Selon le mode opératoire, que peut-on déduire du profil des voleurs?

"Ce sont des gens déterminés, bien organisés. Ils sont surtout bien renseignés, puisqu'ils étaient au courant de la visite du prince saoudien à Paris, et savaient quelle voiture du convoi attaquer. Ils ont donc peut-être bénéficié de complicités. Ils n'ont pas eu besoin d'une technique particulière pour effectuer leur braquage, comme c'est le cas lors d'attaques de convoi de fonds par exemple. Mais ils sont chevronnés, et n'ont commis aucune erreur: le braquage a été rapide, ils ont pensé à brûler les preuves par la suite, etc. Si la piste du vol de l'argent se confirme, alors on peut penser à la piste du banditisme classique."

Comment ce type de convoi est-il sécurisé?

"Je ne sais pas sous quel statut circulait le convoi, s'il s'agissait d'un convoi diplomatique ou pas. On ne sait pas s'il y avait des gardes du corps armés à l'intérieur, mais même s'il y en avait eu, une fois braqués par des kalachnikovs ils n'auraient pas pu faire grand-chose. En tout cas, il ne s'agissait pas d'une visite officielle du prince à Paris: dans ces cas-là, les personnalités assurent elles-mêmes leur sécurité. Et le plus important dans ce genre de cas, ce n'est pas les gardes armés, c'est surtout la discrétion. Pour se faire prendre, ils ont dû en manquer lors du transfert de l'argent, mais les malfrats ont aussi de leur côté certainement bénéficié de complicités: des complices internes au groupe, ou bien externes. Internes ou externes, ils ont en tout cas joué un rôle essentiel dans ce braquage."
https://twitter.com/ariane_k Ariane Kujawski Journaliste BFMTV